"Il faut faire passer l'intérêt sportif avant l'intérêt financier" : en France, des voix s'élèvent pour le report des Jeux olympiques de Tokyo

Alors que de grandes compétitions sportives ont déjà été annulées, le Comité international olympique n'a toujours pas pris de décision. 

Un homme devant le logo des JO à Tokyo en mars 2020. 
Un homme devant le logo des JO à Tokyo en mars 2020.  (PHILIP FONG / AFP)

Alors que l'épidémie de coronavirus se poursuit partout sur la planète, des voix s'élèvent pour reporter les Jeux olympiques de Tokyo. Ils doivent démarrer en juillet prochain et contrairement à l'Euro de football, aucune décision n'a été prise pour l'instant. Ce ne serait pas responsable, et même prématuré, de faire un choix maintenant, a même estimé vendredi 20 mars le Comité international olympique.

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Ces propos du CIO font bondir Régis Juanico, député génération.s de la Loire et membre du conseil d'administration de l'Agence nationale du sport. "La seule boussole qui doit animer la décision du CIO, c'est la santé. Est-ce qu'on prend le risque de relancer l'épidémie au Japon en faisant venir des millions de spectateurs des quatre continents? C'est ça, la question qu'il faut se poser dès maintenant", dit-il à franceinfo. 

Personne ne veut bouger parce qu'il y a trop de fric en jeu. Il faut dire les choses comme elles sont.Gilles Sezionale, Fédération française de natation

Le président de la Fédération française de natation Gilles Sezionale souligne la situation intenable de ses nageurs. "Ils sont à cran. Plus personne aujourd'hui ne s'entraîne en France. Ils sont dans leur baignoire, explique-t-il. Je pense qu'à un moment donné, il faut quand même faire passer l'intérêt sportif avant l'intérêt financier."

Quelques sportifs font entendre leur voix

Il y a des sportifs, encore peu nombreux, à oser exprimer leur inquiétude, à l'image du décathlonien Kevin Mayer ou du marcheur Yohann Diniz : "Si ça ne tenait qu'à moi, oui, je reporterais", affirme à franceinfo le champion du monde du 50 km marche. Et encore moi, je parle alors que je suis qualifié pour les Jeux olympiques. Entre se qualifier pour l'épreuve et refaire ensuite une nouvelle préparation pour aller aux Jeux, ce sera compliqué pour tous les sportifs", conclut Yohann Diniz.

En attendant, la flamme olympique est arrivée vendredi 20 mars au Japon, sans public, mais prête à briller presque comme si de rien n'était.

JO de Tokyo : l'idée d'un report fait son chemin - Reportage de Fanny Lechevestrier
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