Fréquentation des cinémas : "ll y a un frémissement" mais il n'y a pas assez de films américains, estime un exploitant

Les gens n'ont pas peur de venir. Le problème vient du peu d'offres de films. La sortie de "Tenet", le dernier Nolan, devrait booster les entrées. Mais "ce n'est pas un film qui va sauver la profession", lance Jocelyn Bouyssy.

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Une salle de cinéma désertée à cause du Covid à Palaiseau (Essonne). (ADÈLE BOSSARD / RADIO FRANCE)

La fréquentation des cinémas est repartie à la hausse en atteignant 50% depuis une semaine, selon le directeur général du groupe de cinéma CGR qui gère 73 salles en France. "Il y a un frémissement, les gens n'ont pas la crainte d'aller au cinéma", explique Jocelyn Bouyssy mercredi 26 août sur franceinfo, mais il estime qu'il y a un "problème d'offres", avec trop peu de films américains dans les salles.

franceinfo : Le blockbuster Tenet de Christopher Nolan sort mercredi. Attendez-vous de lui qu'il relance le secteur du cinéma ?

Jocelyn Bouyssy : Ce n'est pas tant le film en lui-même. Ce n'est pas un film qui va sauver la profession de ce que nous vivons depuis le 22 juin. Le cinéma subit un manque de matière et ce film est scruté dans un seul intérêt.

Si ce film-là ["Tenet"] marche, en faisant 70 à 80% des entrées qu'il aurait dû faire, alors les majors arrêteront de décaler les autres films. 

Jocelyn Bouyssy, directeur général du groupe CGR

à franceinfo

Notre problème essentiel est que nous n'avons plus de matière américaine. Il y a eu des films français cet été, il y a eu Divorce club, Terrible Jungle. Mais Mulan a été décalé et sortira sur une plateforme de VOD au mois de mars. C'est un coup dur pour nous puisque chaque été, c'est une période à blockbusters, les films américains représentent 80% du marché. Or, cet été, le premier vraiment gros film à sortir, c'est Tenet. On espère tellement que ce film marche pour entraîner toute une profession, pour que les Américains acceptent enfin de sortir leurs films en France, même si eux ne peuvent pas les sortir aux États-Unis en raison de la pandémie. C'est notre vœu le plus cher aujourd'hui.

La fréquentation dans les salles de cinéma repart-elle à la hausse ?

On est à peu près sensiblement égal à la profession, c'est-à-dire qu'on réalisait depuis le 22 juin entre 20 et 30%, selon les semaines et selon les films. Depuis une semaine, il y a un petit peu plus de films qui sont sortis, on monte à 50%. Depuis deux jours, il y a eu des avant-premières de Tenet. On espère remonter à 70% de ce qu'on réalisait l'année dernière dès ce soir pour la sortie de Tenet. Ceci dit, quid après ? Le mois de septembre est calme, il n'y a pas de film annoncé. Mais en tout cas, il y a un frémissement. Les gens n'ont pas la crainte d'aller au cinéma. C'est juste une question d'offre de films.

La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, annoncera les mesures sanitaires du domaine de la culture dans quelques jours. Pensez-vous que rendre le port du masque obligatoire même dans les salles de cinéma est une bonne idée ?

Je vais accepter ce qu'on me dira de faire mais je crains juste que si on accepte de monter la jauge d'occupation des sièges à 100%, sans distanciation physique, avec un masque obligatoire, est-ce que les gens vont le respecter dans la salle ? Est-ce que ça ne va pas créer des problèmes dans la salle une fois dans le noir ? Est-ce que les gens vont supporter que quelqu'un à côté d'eux enlève le masque ? C'est un peu ma crainte. [Actuellement] le port du masque est obligatoire dans les couloirs mais pas dans les salles mais il y a un respect de la distanciation avec un fauteuil libre à droite et à gauche d'un groupe ou des personnes isolées. Il n'y a pas de problème de fond. Peut-être que les séniors viennent un peu moins l'après-midi, c'est très possible même, mais ça n'est pas notre problème majeur, en toute honnêteté. C'est une question d'offre. Toutes les salles de cinéma ne pourront pas perdurer si ça continue comme ça.

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