Fin de quarantaine à Carry-le-Rouet : "Un moment émouvant, parce que nous avons partagé cette grande aventure", raconte un responsable de la Croix-Rouge

Les 181 personnes rapatriées de Chine à cause du coronavirus Covid-19 et mises en quarantaine près de Marseille sont libérées vendredi.

Les véhicules sortant du centre de Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône).
Les véhicules sortant du centre de Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône). (LAURIANE DELANOË / RADIO FRANCE)

"Les rapatriés nous ont dit au revoir hier, c'était un moment émouvant, parce que, finalement, nous avons partagé avec eux cette grande aventure", a témoigné vendredi 14 février Marc Zyltman, le responsable de la Croix-Rouge du centre de vacances de Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône). Au total, 181 personnes qui y étaient confinées depuis le 31 janvier et leur retour de Wuhan, en Chine, épicentre de l'épidémie du coronavirus Covid-19 (anciennement appelé 2019-nCoV), doivent recouvrer leur liberté vendredi.

>> DIRECT. Coronavirus Covid-19 : les 181 premiers rapatriés de Chine sortent de quarantaine vendredi

franceinfo : Les premiers rapatriés de Chine ont donc pu sortir du centre de vacances vendredi matin. Dans quel état d'esprit étaient-ils ?

Marc Zyltman : Il y a beaucoup de sourires. D'autant plus qu'on voit les sourires désormais, les rapatriés ne portent plus le masque, la levée de quarantaine ayant été prononcée. Nos rapatriés sont soulagés, heureux de quitter le centre, même si les conditions matérielles étaient excellentes, l'ambiance sur le site a été très bonne pendant toute la durée du séjour. Au niveau de la Croix-Rouge, on s'est occupé de leur vie quotidienne. On a multiplié les animations, les activités pour les enfants et pour les adultes. Et globalement, ce séjour s'est très bien passé. Les rapatriés nous ont dit au revoir hier. C'était très émouvant, avec une chorale improvisée avec de la guitare et du piano, pour nous dire merci. C'était un moment émouvant parce que, finalement, nous avons partagé avec eux cette grande aventure.

Y a-t-il eu de la solidarité pendant ces deux semaines ?

Oui, beaucoup de solidarité parmi les rapatriés, des vrais liens qui se sont établis, y compris d'ailleurs avec l'encadrement, avec les volontaires de la Croix-Rouge et les militaires de la Sécurité civile. Des rapatriés se sont mis eux-mêmes à notre service : nous avons des enseignants qui ont animé la classe maternelle, il y a eu des cours de soutien scolaire, il y a même eu des cours de chinois et de français. C'était vraiment un bon moment.

Quelques-uns de ces rapatriés vous ont-ils dit qu'ils souhaitaient retourner en Chine ?

Oui, notamment les personnes qui sont expatriées depuis des années en Chine. Elles ont toute leur vie là-bas, donc leur désir le plus cher est de pouvoir rentrer dans les meilleurs délais, lorsque la situation se sera assainie sur place. En attendant, ces personnes n'ont plus de suivi médical, elles sont tranquilles. Si elles ont besoin de quoi que ce soit, évidemment, les membres de la réserve sanitaire sont à leur service. Mais ce sont des citoyens comme vous et moi désormais.