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Face au coronavirus, l'espoir de cessez-le-feu dans le monde

Face à l’épidémie, l’ONU a appelé lundi 23 mars à des trêves dans toutes les zones de conflit. Et cet appel est en partie entendu.  

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Des rebelles huthis à Sanaa, la capitale yéménite, le 21 septembre 2019
Des rebelles huthis à Sanaa, la capitale yéménite, le 21 septembre 2019 (MOHAMMED HUWAIS / AFP)

Cette idée reçoit déjà un écho dans trois pays en guerre. Le cas le plus significatif, c’est le Yémen. Ce pays de 28 millions d’habitants, au sud de la péninsule arabique, est ravagé par les affrontements depuis cinq ans. Avec trois millions de déplacés dans des camps, c’est la pire crise humanitaire au monde. Et les deux camps ont répondu : le gouvernement officiel soutenu par l’Arabie saoudite et la rébellion houthie, appuyée par l’Iran. Tous accueillent favorablement l’appel du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Une réunion formelle est envisagée pour sceller cette trêve. Une propagation du virus au Yémen serait dramatique, puisque le pays est déjà confronté à la famine et au manque d’eau potable.  

Début de trêves au Yémen, au Cameroun et aux Philippines

Deuxième pays concerné : le Cameroun, en Afrique noire. L’un des principaux groupes rebelles du nord du pays, le Socadef, annonce un arrêt des hostilités à compter du dimanche 29 mars et pour deux semaines. Le Cameroun (24 millions d’habitants) est confronté depuis plus de trois ans à une rébellion constante dans sa partie anglophone. Et le virus vient d’y faire son apparition : 88 cas repérés.

Enfin, troisième pays : les Philippines, en Extrême-Orient. Le pays est déjà très touché par le Covid : 54 morts, 720 cas. Là encore, l’un des principaux groupes rebelles, le NPA, en conflit ouvert depuis des décennies avec le pouvoir, cesse les hostilités jusqu’à la mi-avril.  

Conflits persistants en Libye, au Sahel, en Syrie

Cela dit, la guerre continue dans plusieurs autres pays en commençant par la Libye, en Afrique du Nord, avec ces derniers jours, les combats les plus violents depuis plusieurs semaines. Le gouvernement de Tripoli de Fayez el Sarraj a lancé une vaste offensive mercredi 25 mars, avec une riposte en retour des troupes du général Haftar qui cherchent à encercler Tripoli. Et le virus vient de faire sa première victime en Libye. Le pire est à craindre en l’absence de structures de santé.

Même chose dans la bande du Sahel au centre de l’Afrique, où les groupes terroristes profitent de la situation pour reprendre leurs attaques : au Mali et plus encore au Tchad et au Nigeria, où le groupe Boko Haram a lancé des offensives en règle lundi 23 mars, faisant 100 morts au Tchad, 70 au Nigeria. Et puis en Syrie, les forces du régime d’Assad poursuivent leurs bombardements au sud de la poche d’Idlib, dernière région qui leur résiste encore après 9 ans de guerre et 400.000 morts. Un million de réfugiés y vivent dans des camps de fortune. Le virus pourrait y faire des ravages.  

La piste d'un appel solennel des grandes puissances

Parallèlement il est question d’une résolution du Conseil de Sécurité pour appeler à une trêve mondiale : un projet circule entre les grandes puissances, pour appeler solennellement à un cessez-le-feu partout, pendant 30 jours au moins, le temps que la pandémie soit maîtrisée.  Mais comme toujours, il est difficile d’aboutir à une formulation acceptable par tous. La Russie nie l’ampleur de l’épidémie, en tous cas sur son sol. Et elle continue de soutenir le Syrien Bachar el Assad, désireux d’en finir avec la rébellion. Pour ne rien arranger, les Etats-Unis demandent que l’origine chinoise du virus soit mentionnée dans la résolution. Evidemment la Chine refuse. La rédaction du texte s’annonce donc délicate.

Des rebelles huthis à Sanaa, la capitale yéménite, le 21 septembre 2019
Des rebelles huthis à Sanaa, la capitale yéménite, le 21 septembre 2019 (MOHAMMED HUWAIS / AFP)