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En Irlande, la différence de stratégie de déconfinement avec l'Irlande du Nord inquiète

Si les stratégies ne convergent pas entre les deux pays, la capacité de circonscrire une éventuelle deuxième vague sur l'île risque d'être moins aisée.

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La police irlandaise arrête et vérifie les véhicules à la frontière avec l\'Irlande du Nord, à Carrkcarnon, dans le comté de Louth, le 9 avril 2020.
La police irlandaise arrête et vérifie les véhicules à la frontière avec l'Irlande du Nord, à Carrkcarnon, dans le comté de Louth, le 9 avril 2020. (PAUL FAITH / AFP)

Les mesures de confinement sont en vigueur au moins jusqu’à mardi 5 mai en Irlande. La levée des restrictions dans le pays s’annonce extrêmement progressive. Et le déconfinement s'annonce compliqué par la frontière et la présence de la région britannique d’Irlande du Nord. La frontière irlandaise, c’est juste une ligne sur les cartes. Les habitants la franchissent plusieurs fois par jour, pour aller travailler ou faire leurs courses.

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Forcément, le retour à une vie plus ou moins normale de manière non coordonnée fait craindre une nouvelle contagion du coronavirus. C’est le docteur Gabriel Scally qui s’est alarmé le premier du risque. "Maintenant qu’on parle de lever les restrictions, ce serait de la folie de les lever d’un côté de l’île et pas de l’autre, ou bien de les lever mais de ne dépister et de ne relever les contacts que d’un côté. Nous devons avancer main dans la main", explique le médecin spécialisé en santé publique.

Deux pays, deux stratégies ?

Au sud, en République d'Irlande, les autorités continuent d’augmenter leur capacité de dépistage. Au nord, les tests sont réservés aux patients hospitalisés. Et la durée de la quarantaine est plus courte côté britannique. Les mesures sont grosso modo les mêmes de chaque côté. La seule différence, quand même, c’est que les Irlandais ne doivent pas aller à plus de 2 km de chez eux. Pas de limite pour les Nord-Irlandais. En termes de restrictions, les deux côtés de la frontière devraient se ressembler.

Mais tant que les stratégies ne convergent pas, on n’aura pas la même cartographie des cas au Nord et au Sud, ni la même identification des "clusters", ces foyers épidémiques. Et donc, il sera moins facile de cirsconscrire une éventuelle deuxième vague.

Un accord de principe signé

Les deux gouvernements se parlent régulièrement sur la réponse à l’épidémie. La dernière véritable avancée, c’est la signature début avril d’un accord de principe entre les deux médecins en chefs. Un accord non contraignant légalement, mais il suscite l’optimisme de l’équipe médicale consultée par le gouvernement irlandais. "C’est vrai que si vous avez deux entités sur un même territoire qui n’ont pas la même approche, ça complique les chances de réussite des mesures en place, indique le virologue Cillian de Gascun qui fait partie de cette équipe médicale. Je crois comprendre que le Nord se dirige vers plus de dépistage, plus d’enquêtes de contacts, ce serait bénéfique pour nous". 

Mardi 28 avril, plusieurs sources gouvernementales ont indiqué que les restrictions pourraient être maintenues au-delà de la semaine prochaine, au Nord comme au Sud.

La police irlandaise arrête et vérifie les véhicules à la frontière avec l\'Irlande du Nord, à Carrkcarnon, dans le comté de Louth, le 9 avril 2020.
La police irlandaise arrête et vérifie les véhicules à la frontière avec l'Irlande du Nord, à Carrkcarnon, dans le comté de Louth, le 9 avril 2020. (PAUL FAITH / AFP)