"Calmer la réponse immunitaire" : des anticorps à l'essai pour limiter le syndrome de détresse respiratoire aiguë causé par le Covid-19

Cet essai thérapeutique lancé en France, dans l’espoir de réduire l’inflammation pulmonaire, porte sur des anticorps déjà utilisés pour soigner d’autres pathologies, comme le syndrome de Guillain-Barré et pour des états infectieux graves.

Il s’agit aussi de réduire la mortalité, très élevée chez les patients atteints du syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Il s’agit aussi de réduire la mortalité, très élevée chez les patients atteints du syndrome de détresse respiratoire aiguë. (THIBAULT SAVARY / AFP)

La plus grave conséquence du coronavirus, et principale cause de décès, est le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Un essai thérapeutique vient d’être lancé en France dans l’espoir de réduire l’inflammation pulmonaire.

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Cet essai porte sur des anticorps déjà utilisés pour soigner d’autres pathologies : on les appelle immunoglobines. Avec eux, ce n’est pas le virus qui est visé, car dans les formes les plus graves de la maladie, les lésions pulmonaires sont provoquées à la fois par l’attaque virale et par une réaction inflammatoire excessive.

L’objectif est donc de limiter cette réponse immunitaire inadaptée, qui peut entraîner de longs séjours en réanimation, suivi de séquelles musculaires, neurologiques et psychologiques. Il s’agit aussi de réduire la mortalité, très élevée chez les patients atteints du syndrome de détresse respiratoire aiguë.

Ces anticorps calment la réponse immunitaire

"Ces immunoglobines vont permettre de calmer, en quelque sorte, la réponse du système immunitaire face au virus", explique le Dr Aurélien Mazeraud, chef de clinique au Groupe hospitalier universitaire Paris, psychiatrie et neurosciences. "Ce que l’on pense, poursuit Aurélien Mazeraud, c’est que dans une première phase d’invasion du virus, les patients vont avoir une réplication virale très importante."

Dans une deuxième phase, lorsqu’ils seront admis en réanimation, le problème est probablement un peu la réplication virale mais surtout le système immunitaire du propre patient qui se retourne contre lui-même et envahit un peu le poumon, qui est infecté par le virus.Dr Aurélien Mazeraudà franceinfo

"C’est cette réaction immunitaire qui peut être délétère sur la fonction du poumon et l’empêche de bien faire l’oxygénation du sang, conclut le Dr Mazeraud. C’est dans cette deuxième phase que l’on voudrait agir avec des immunoglobines polyvalents."

Ce traitement a l’avantage d’être bien connu. Il est déjà utilisé dans des maladies auto-immunes, comme le syndrome de Guillain-Barré et pour des états infectieux graves. Si l’étude confirme l’utilité de ces anticorps en cas de coronavirus, les patients pourraient donc très rapidement en profiter. Les résultats de cet essai thérapeutique sont attendus avant deux mois.

Un essai thérapeutique contre le coronavirus : écoutez le reportage d'Aurélie Kieffer
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