"Les aides de l'État étaient parfaites pour les restaurants, pas pour nous" : les propriétaires de salles de sport impatients de rouvrir complètement

Il faudra attendre le 30 juin pour voir les salles de sports rouvertes à tous car elle n'accueilleront, le 19 mai, que les publics prioritaires comme les sportifs de haut niveau ou les clients avec prescription médicale.

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Moses Moubarak, dans sa salle de sport, à Bordeaux. (GREGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

C’est un testeur de fièvre numérique qui accueille les pratiquants à la salle de sport de Moses Moubarak, ancien basketteur pro, dans le quartier des Chartrons, à Bordeaux. La salle s’étend sur deux étages, mais il n’y a pas foule aux instruments à cause des mesures sanitaires imposées par la pandémie de Covid-19, Moses n’a pu conserver que 60 clients sur les 2 000 qui fréquentaient ses deux établissements. Et le calendrier de réouverture des salles de sport ne va pas les faire vite revenir…

"Avant de remettre le sport dans la routine, cela va prendre du temps, probablement deux ans."

Moses Moubarak

à franceinfo

Les salles de sport vont en effet devoir attendre le 9 juin pour rouvrir au grand public, à 50% de leur capacité. Dans un premier temps, à partir du 19 mai, elle n’accueilleront que les publics prioritaires : sportifs de haut niveau, clients avec prescription médicale, scolaires… Et ce n’est que le 30 juin que toutes les restrictions seront levées, là où le reflux épidémique le permettra.

La solidarité de certains clients a permis à Moses Moubarak de limiter à 80% la perte de chiffre d’affaires. "Ils ont plus aidé que l'État", ironise-t-il. Car les aides ont fait le reste, mais pas suffisamment : "Heureusement qu'il y a eu les aides, c'est très bien, mais ça ne paye même pas le loyer, poursuit Moses. Je pense que les aides ont été calculées pour les restaurants, mais ce n'est pas le même modèle économique que nous... Ce n'est pas un gouvernement de sportifs !"

Les aides de l'État n'ont pas bien fonctionné

Prêt garanti par l'État et fonds de solidarité n’ont pas bien fonctionné pour lui, mais grâce au chômage partiel, il espère garder ses 22 salariés, dont Younès, un des coachs, heureux de pouvoir reprendre. "Ça a été difficile, note Younès. Parce que là, du coup, cela fait depuis fin octobre qu'on a fermé et les adhérents à chaque fois nous témoignent de ce manque qu'ils ont. Et nous ça nous fait plaisir de nous reconnecter à eux."

Un plaisir que toutes les salles de sport n’auront pas, regrette Moses Moubarak. "Des grosses salles ont fermé, comme certains Club Med Gym, à Paris, indique-t-il. Les petites salles vont s'en sortir parce qu'elles n'ont pas beaucoup de charges. Mais les moyens-moyens plus..." Il espère pouvoir bénéficier d’aides jusqu’au mois d’août, mais à la rentrée, Moses Moubarak le sait, il n’y en aura sans doute plus. Alors en bon sportif, il s’y prépare.

Réouverture : les salles de sport impatientes - Reportage de Grégoire Lecalot
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