L'Accord pour un plan de relance européen est "un tournant pour l'histoire de l'Europe", estime le président du Conseil européen

Charles Michel, président du Conseil européen est revenu, mardi sur France Inter, sur l'accord des 27 dirigeants européen sur un plan de relance commun. Il a évoqué les négociations, une taxe sur des produits importés et les relations entre l'Europe et la Chine.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, lors d\'une conférence de presse après un sommet européen de quatre jours au Conseil européen de Bruxelles, le 21 juillet 2020. 
Le président du Conseil européen, Charles Michel, lors d'une conférence de presse après un sommet européen de quatre jours au Conseil européen de Bruxelles, le 21 juillet 2020.  (STEPHANIE LECOCQ / POOL)

"Je crois profondément que cette décision est un tournant pour l'histoire de l'Europe", a déclaré Charles Michel, président du Conseil européen, mardi 21 juillet sur France Inter, alors que les 27 dirigeants européens ont trouvé un accord sur un vaste plan destiné à soutenir leurs économies frappées par la crise du coronavirus.

Ce paquet, d'un montant total de 750 milliards d'euros, a été conclu au terme d'intenses négociations. "Je savais que ce serait difficile, a déclaré Charles Michel. Nous le savions tous parce que nous savons bien que nous devons obtenir l'unanimité. Il faut que les 27 pays européens marquent leur accord (…)" , a expliqué Charles Michel, qui a été le chef d'orchestre de ce sommet de plus de 90 heures. 

Quand on débat de montants financiers aussi gigantesques, il est normal que chaque leader, qui est responsable démocratiquement face à sa population, mette en avant des priorités.Charles Michel, président du Conseil européensur France Inter

Le président du Conseil européen a aussi souligné sur France Inter l'unité des pays membres dans ces circonstances. "Nous avons démontré dans un moment difficile la capacité d'unité et nous envoyons un signal aux citoyens européens : l'Europe est solide, elle est robuste (…)", a-t-il insisté. "Cet argent, ce n'est pas de l'argent virtuel, c'est de l'argent qui va avoir un impact positif pour les citoyens, pour les travailleurs, pour les entreprises. On injecte de l'oxygène dans le moteur économique européen", a-t-il souligné.

Sur franceinfo, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a affirmé que la France allait disposer de 40 milliards d'euros de subventions dans le cadre de ce plan de relance. "Je fais confiance au ministre des Finances français pour faires les évaluations", a commenté Charles Michel.

Taxer les produits importés en Europe qui ne respectent pas les normes environnementales et sociales

Charles Michel a assuré que les 27 dirigeants de l'UE étaient favorables à l'instauration d'une taxe ou d'un "prélèvement" sur les produits exportés vers l'Europe qui ne respectent pas les "normes environnementales et sociales".  

Les 27 veulent en effet "mettre en place une mesure aux frontières européennes, afin de faire en sorte, lorsqu'il y a des produits venant de l'extérieur, qu'il puisse y avoir un prélèvement sur ces produits", a-t-il précisé afin d'impacter "ce qui est aujourd'hui un manque d'équité, lorsque des pays produisent sans respecter des normes environnementales, sans respecter les normes sociales et donc peuvent pratiquer une forme de dumping contre les entreprises européennes".

La Chine pointée du doigt

Charles Michel estime que les Européens ont parfois laissé leurs frontières ouvertes sans qu'il y ait de la réciprocité, "sans que, dans le même temps, il y ait des entreprises européennes qui aient la capacité de faire des affaires, de faire du commerce vers d'autres grandes économies, comme c'est le cas en Chine où des barrières, parfois même déguisées, sont installées".

L'Europe a été naïve par rapport à la Chine et avec d'autres grandes régions du monde qui ont pratiqué massivement du dumping social et environnemental.Charles Michel, président du Conseil européensur France Inter

Charles Michel a précisé que les dirigeants de l'Europe veulent revoir la manière dont la relation avec l'Europe et la Chine est envisagée. Aujourd'hui, "elle n'est pas assez équilibrée", a-t-il poursuivi, tout en se disant opposé à toute forme de protectionnisme. "Moi, je ne suis pas pour le protectionnisme. Ce serait un repli qui n'a jamais fonctionné, mais je suis pour la réciprocité" et "des règles du jeu équitables", a résumé le président du Conseil européen.