"Il faut porter un masque" car "le virus n'est pas en vacances", avertit William Dab, ancien directeur général de la santé

L'infectiologue redoute un relâchement dans le respect des gestes barrières laissant craindre un rebond de l'épidémie.

William Dab, ancien directeur de Santé publique France, à l\'Assemblée nationale, mardi 23 juin 2020. 
William Dab, ancien directeur de Santé publique France, à l'Assemblée nationale, mardi 23 juin 2020.  (ASSEMBLEE NATIONALE)

William Dab, ancien directeur général de la Santé (2003-2005), a repris la parole sur franceinfo, lundi 13 juillet, pour dire l'urgence à recourir au port obligatoire du masque dans les espaces clos. "Il faut porter un masque" car "le virus n'est pas en vacances", estime l'infectiologue.

franceinfo : La question se pose désormais: faut-il imposer le masque dans les espaces fermés ? Si c'est le cas, faut-il le faire vite ?

William Dab : Dans tous les espaces clos et dans tous les lieux où il y a des rassemblements de plusieurs centaines ou milliers de personnes, il faut porter un masque. Il faut recourir à l'obligation. Je comprends que c'est difficile. Je crois que tout le monde a envie de passer à autre chose, de profiter de la période estivale et d'oublier un peu ce choc que nous avons vécu. Le problème, c'est que le virus, lui, il n'est pas en vacances. Il faut faire cet effort, et cela d'autant plus que, comme l'OMS l'a rappelé récemment, les preuves sont en train de s'accumuler qu'une transmission par aérosol est possible. Ce n'est sûrement pas la voie dominante de la contagion, mais la contagion par des toutes petites particules, pas seulement par les grosses gouttelettes, est de mieux en mieux documentée.

Avec la multiplication des clusters, va-t-on vers une deuxième vague, et à nouveau un risque d'asphyxie des hôpitaux ?

Nous sommes encore dans la première vague, dans une phase qui est déclinante mais le virus est là, en plateau. Dès que nous allons relâcher notre vigilance, ce plateau va refaire un pic. À vrai dire, l'image de la vague, est commode, mais elle n'est pas juste. S'agissant du Covid, ce n'est pas comme la grippe. Une épidémie de grippe, ça dure quatre, cinq, six semaines. Ce n'est pas ça. Ce n'est pas une question de deuxième vague, c'est la question des pics successifs qui peuvent survenir.

Qu'avez-vous pensé en voyant des passations de pouvoir avec des ministres la semaine dernière non masqués et des effusions ici ou là ?

Je considère que les responsables ont un devoir d'exemplarité. Ils doivent donner l'exemple. C'est un choix à faire: soit on veut se retrouver avec une situation épidémique forte, des gens hospitalisés en réanimation et des décès, soit on est disgracieux [le visage étant dissimulé sous le masque]. Evidemment, comme médecin entre les deux je sais ce que je choisis. J'ai vu passer un tweet [d'Emmanuel Macron] qui rappelle [l'importance des gestes barrières]. J'imagine qu'il aura à cœur de rappeler ça aux Français demain 14 juillet.