"Faillite tragique" pour la France insoumise, "avancée historique" pour la majorité : l'Assemblée nationale divisée sur le plan de relance européen

Après quatre jours de discussions, les 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord ce mardi matin sur un plan de relance après les ravages du Covid-19. 750 milliards d’euros seront répartis en prêts et en subventions. Un accord différemment apprécié à l’Assemblée nationale.

Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves le Drian a salué ce mardi une \"avancée historique\" suite à l\'adoption du plan de relance européen.
Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves le Drian a salué ce mardi une "avancée historique" suite à l'adoption du plan de relance européen. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Victoire pour les uns, défaite pour les autres... Comme souvent à l'Assemblée nationale, les avis ont été sans nuance après l'accord sur le plan de relance trouvé par les représentants des 27 états européens. C’est le "pire accord pour la France de toute l’histoire de l’Union européenne" estime la présidente du Rassemblement national, Marine le Pen. Sur Twitter, l'insoumis Éric Coquerel se réfère même à la défaite de Waterloo.

Dans l'hémicycle, le député de Seine-saint Denis estime que "c’est une faillite tragique. Nous avons des services publics, comme notre hôpital, minés par des années d’austérité budgétaire voulue par l’union européenne. Les montants négociés sont finalement indigents puisqu’ils ne couvrent même pas de moitié les pertes estimées par l’épidémie de covid 19"

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lui répond, sous les acclamations des députés marcheurs. "Il y a un plan de relance de 750 milliards d’euros, il y a le principe d’un emprunt collectif, il y a une distribution de subventions pour les régions et les pays les plus pauvres. Et vous, vous appelez ça un échec ? J’appelle ça une avancée historique".

"Une vraie solidarité" pour le PS

Sans aller aussi loin, la socialiste Valérie Rabaud estime de son côté qu’une étape a été franchie vers une Europe plus solidaire. "Il y a quand même 390 milliards d’euros de subventions. Les subventions ce n’est pas de l’argent qu’on rembourse, c’est de l’argent qui peut être utilisé dans différents pays pour soutenir l’économie.

C’est une première parce que pour la première fois l’Union Européenne va aller emprunter pour tout le mondeValérie Rabaudà franceinfo

"L'union européenne met son nom pour pouvoir aller emprunter de l’argent et en faire bénéficier les différents pays. C’est une première, c’est une vraie solidarité".

Les Républicains inquiets des concessions accordées

Damien Abad des Républicains, lui, s’inquiète des concessions faites aux pays comme les Pays-Bas, qui ne voulaient pas initialement de ce plan. Ils bénéficieront d’un rabais sur leur contribution au budget de l’Union. "Le risque pour la france c’est la réduction des crédits pour la politique agricole commune ou encore pire pour la politique de santé et l’Europe sanitaire que l’on veut construire. Si le vernis est intéressant et positif, il faudra voir ce qu’il y a derrière. Les détails sont parfois inquiétants et en tout cas ils nous interrogent".

Les Républicains s’inquiètent aussi du financement de ce plan, trop flou à leurs yeux. D’ores et déjà, ils préviennent : ils s’opposeront à toute idée d’impôt européen.