Coronavirus : "On dépiste n'importe qui et n'importe comment", regrette le président des jeunes biologistes médicaux

Après la pression mise par le gouvernement sur les laboratoires qui ne font pas de tests de dépistage du coronavirus, le président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux Lionel Barrand évoque "des laboratoires déjà sur les rotules" et réclame un dépistage beaucoup plus ciblé. 

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Radio France
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File d'attente devant un laboratoire de Savoie pour réaliser un test de dépistage du coronavirus. (XAVIER GRUMEAU / FRANCE-BLEU PAYS DE SAVOIE)

Le gouvernement envisage des nouvelles mesures pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, parmi lesquelles la réquisition des laboratoires privés qui "ne jouent pas le jeu" concernant les tests. "Les laboratoires sont déjà sur le pont, donc nous ne voyons pas comment le gouvernement pourrait réquisitionner du personnel qui n'existe pas. Je n'ai pas compris cette menace", a réagi mercredi 29 juillet Lionel Barrand, président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux (SJBM).

"Honnêtement, je pense que le gouvernement ferait mieux d'organiser des barnums ou des drives dans les villes en difficulté, plutôt que de menacer des laboratoires qui sont déjà sur les rotules", estime-t-il. 

Dépister "les gens qui ont des symptomes"

Pour le biologiste médical, "cela fait quatre mois que nous sommes réquisitionnés tous les jours avec des équipes sur les rotules quand on elles ne sont pas en burn-out, explique-t-il. Nous, notre objectif, c'est d'aller le plus vite possible pour casser les chaînes de transmission et dans la majorité des régions, ça fonctionne. Le problème actuel que l'on rencontre, notamment en Ile-de-France et en Mayenne, provient du fait qu'on dépiste n'importe qui et n'importe comment."

En réalité, il faudrait qu'on dépiste pour des raisons médicales.

Lionel Barrand

à franceinfo

Le président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux poursuit : "notre conseil à la population, c'est de dépister les personnes à risque pour casser les vraies chaînes de transmission. Donc les gens qui ont des symptômes. Évidemment, on ne va pas dépister 70 millions de Français tous les jours à l'aveugle. Il n'y a aucun pays qui le fait et ça n'a aucun sens. Donc, il faut vraiment prioriser, se concentrer des populations à risque pour casser les chaînes de transmission."

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