Déconfinement : Le maire de Saint-Étienne prêt à prendre "des décisions radicales" pour permettre la reprise de l'école

Gaël Perdrieau envisage de solliciter les associations d'éducation populaire pour prendre le relais des enseignants en cas de retour trop massif d'élèves dans les écoles le 11 mai.

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Radio France
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La mairie de Saint-Etienne a lancé un questionnaire à l'ensemble des familles de la ville pour savoir quelle part des 16 000 enfants scolarisés dans les écoles souhaite reprendre le 11 mai. (LIONEL GUERICOLAS / MAXPPP)

Le maire LR de Saint-Étienne, Gaël Perdrieau, se dit prêt à prendre "des décisions radicales" pour permettre la reprise de l'école dans sa ville. Dans son intervention devant les députés, mercredi 29 avril, le Premier ministre Édouard Philippe a évoqué deux cas de figure pour les départements : vert ou rouge. Dans les deux cas, les maires serviront d'appui à l'exécutif pour décider ou non de la réouverture des établissements scolaires. Le maire de Saint-Étienne, interrogé par franceinfo, témoigne de sa volonté de prendre pleinement part à ce nouveau dispositif. 

franceinfo : Est-ce que vous comprenez dans les propos du Premier ministre que c'est vous, les maires, qui allez avoir le dernier mot sur l'ouverture des écoles ? 

Gaël Perdrieau : J'ai bien compris que ce sont les maires qui auront à organiser le déconfinement dans les écoles. Et vous savez, moi, depuis le début de cette crise sanitaire, je fais de la sécurité et la santé de mes concitoyens le curseur de toutes les décisions que je suis amené à prendre en lien quotidien avec le CHU. Ainsi, notre préoccupation, c'est aussi de faire en sorte que tous ceux qui en ont besoin puissent se faire soigner dans de bonnes conditions à l'hôpital, ce qui est heureusement le cas à Saint-Etienne, pour l'instant. Donc, j'ai déjà lancé un questionnaire à l'ensemble des familles de Saint-Étienne pour savoir quelle part  des 16 000 enfants qui fréquentent les 80 écoles de la ville, souhaite reprendre le 11 mai. Et puis, avec les équipes, avec nos services, nous sommes déjà à pied d'œuvre pour organiser physiquement, matériellement, la rentrée scolaire si elle doit se faire. 

Ce questionnaire, c'est une forme de sondage pour avoir un aperçu, ou est-ce qu'en fonction des résultats, ça va vous aider à avancer ?  

Plus qu'un sondage, c'est surtout pour voir dans quelle situation sont les parents. Parce que je crois qu'il faut diviser la question en deux sujets. Il y a la poursuite de la scolarité autant que faire se peut et soutenir notamment les enfants qui seraient le plus en difficulté. Et puis, il y a également la question du travail des parents et de ceux qui ne pourront pas garder leurs enfants à la maison. Donc, ces deux problématiques sont un peu différentes. Si la ville de Saint-Étienne doit acheter des tablettes numériques pour permettre aux familles qui n'ont pas forcément le matériel nécessaire à l'enseignement à distance, je le ferai. Si nous devons mettre en place des mesures de sécurité sanitaire supplémentaires dans les écoles, nous le ferons. Et puis, ce qui est certain, c'est que si les 16 000 enfants souhaitaient reprendre l'école le 11 mai, en revanche, je serai obligé de prendre des décisions plus radicales parce que nous ne serons pas en mesure d'assurer les mesures de distanciation pour autant d'enfants.

Plusieurs de vos collègues au sein du parti Les Républicains ont appelé à une reprise de l'activité, voire même à travailler plus dans les prochaines semaines pour relancer l'économie. Comment faire si les enfants ne peuvent pas reprendre l'école dans des conditions sanitaires optimales? 

Eh bien, là aussi, les familles vont naturellement se retourner vers le maire. Et si l'école ne peut pas reprendre pour les raisons qu'on vient d'évoquer, eh bien, il va falloir travailler avec les associations d'éducation populaire, comme on le fait le reste de l'année pour voir de quelle manière, en lien avec les services municipaux, on peut accueillir les enfants si ce n'est pas à l'école. Parce que vous avez vu que l'Éducation nationale aussi se pose beaucoup de questions. Si les enseignants font valoir leur droit de retrait, on ne pourra pas avoir des demi-groupes comme le ministre l'a appelé de ses vœux. Donc c'est une organisation extrêmement compliquée. Le cadre sanitaire devrait nous arriver seulement le 7 mai. C'est très tardif pour une rentrée le 11. Alors déjà à Saint-Étienne, on est en train de travailler avec l'ensemble des équipes pour anticiper tous les cas de figure qui pourraient se présenter. Au-delà du droit de retrait comment faire avec un appel à reprendre le travail pour des enseignants et des enseignantes qui auraient des enfants à la maison qui, eux, ne reprendraient pas les cours, par exemple? J'envisage de proposer, comme nous le faisons depuis maintenant le 17 mars à Saint-Etienne, d'ouvrir des écoles pour accueillir les enfants des personnels qui sont appelés à travailler de par leurs fonctions essentielles. Je pense aux soignants, je pense aux policiers. Je pense aux pompiers ou aux personnels de justice, comme nous faisons depuis deux mois avec un accueil spécifique en lien bien sûr avec l'inspecteur d'académie pour offrir des solutions à ces parents-là.

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