Déconfinement : il risque d'y avoir "une augmentation de la délinquance, des trafics, des cambriolages, des agressions", estime un syndicat de police

Christophe Rouget, du syndicat SCSI, estime qu' il y a "un risque de rattrapage qui est dangereux" car "des délinquants ont perdu de l'argent" pendant le confinement.

Un policier dans la gare de l\'Est à Paris, le 10 mai 2020 (photo d\'illustration).
Un policier dans la gare de l'Est à Paris, le 10 mai 2020 (photo d'illustration). (THOMAS SAMSON / POOL)

Le secrétaire général adjoint du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) Christophe Rouget explique être sur ses gardes lundi 11 mai sur franceinfo car, après la fin du confinement, il risque d'y avoir "de nouveau une augmentation de la délinquance, des trafics, des cambriolages, des agressions" affirme-t-il. Christophe Rouget estime que pendant le confinement les délinquants "ont perdu de l'argent".

franceinfo : La fin progressive du confinement est-elle un soulagement pour les forces de l'ordre ?

Christophe Rouget : Ce n'est pas un soulagement parce que nous avons une nouvelle phase décisive de cette crise sanitaire, une phase très sensible. Pourquoi ? Parce que nous allons revoir d'abord les restrictions de la circulation qui vont tomber, donc la reprise des accidents de la route, par exemple. Nous allons voir les écoles qui vont rouvrir, ainsi que les commerces et les entreprises, et donc on va avoir une reprise de tous ces déplacements. On va voir de nouveau une augmentation de la délinquance, des trafics, des cambriolages ou des agressions. Pendant cette période de confinement, on a des délinquants qui ont perdu de l'argent, par exemple dans le domaine de la drogue, donc, on a un risque de rattrapage qui est dangereux, lié à cette perte financière et que du coup, la délinquance explose à la fin du confinement. Les forces de l'ordre vont être mobilisées pour protéger les Français dans le cas de la crise sanitaire, pour la reprise de la délinquance et aussi sur un risque explosion sociale à cause de ces problèmes financiers liés à la situation économique.

Il n'est pas encore possible d'empêcher les automobilistes de circuler librement en France, au-delà de 100 km, car la loi a été promulguée trop tard. Est-ce problématique pour vous ?

Il y a du retard à l'allumage au niveau législatif puisque nous attendons cette loi. Ensuite, après que la loi soit promulguée, il y aura des décrets d'application et des déclinaisons pour les services de police. Ce n'est pas très grave. Nous sommes aujourd'hui dans une phase surtout d'incitation pour une prise de conscience de l'ensemble de la population, des risques et donc dans une phase de pédagogie des forces de l'ordre. Par ailleurs, ce matin, par exemple, pour l'essentiel, ça s'est bien passé dans les transports en commun. Les gens ont globalement bien respecté le confinement et nous espérons qu'ils continuent à respecter ces règles de prévention qui sont nécessaires pour éviter la propagation du virus.

Ce lundi matin, les règles ont bien été respectées. Est-ce une bonne nouvelle pour la suite ?

Oui, tout à fait. Mais attention. Aujourd'hui, nous sommes lundi, les commerces étaient fermés et les écoles n'ont pas repris. Nous allons avoir une montée des puissances. Il y a de l'anxiété, donc il y aura des situations qui seront difficiles. Attention, la situation de ce lundi matin n'est pas celle des jours à venir. Il va falloir mesurer chaque jour l'évolution de la situation et les policiers devront être présents pour aider notamment tous ces services de police privés du métro, par exemple. La majorité des Français respectent ces règles et il n'y a pas besoin de ces contraventions. Mais, il y a parfois des gens qui mettent en danger les autres et il faut pouvoir les sanctionner. C'est pour cela qu'il y a une loi d'urgence sanitaire et qu'il y aura des décrets d'application qui vont prévoir la contravention d'un montant de 135 euros si on ne porte pas le masque dans les transports en commun et des contraventions pour ceux qui, aux heures de pointe, n'auraient pas l'attestation employeur en Île-de-France par exemple.