Déconfinement : "Il faut garder en tête que les statistiques jouent contre" les personnes âgées, estime un médecin du Conseil scientifique

Bruno Lina, professeur de virologie au CHU de Lyon, espère que les personnes âgées ne voudront pas "jouer au héros" lors du déconfinement. Selon lui, les médecins de ville auront un grand rôle à jouer à ce moment-là.

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Radio France
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Des personnes âgées, munies de masques, dans la rue à Kiev (Ukraine) le 10 avril 2020. (UKRINFORM / MAXPPP)

Emmanuel Macron en appellera à "la responsabilité individuelle" lors du déconfinement à partir du 11 mai, et ne souhaite pas de "discrimination" envers les personnes âgées, a précisé le chef de l'Etat le 17 avril. Pour Bruno Lina, professeur de virologie au CHU de Lyon, chercheur au Centre international de recherche en infectiologie et membre du Conseil scientifique, "toute la démarche qui était essentiellement collective avec le confinement généralisé va devenir à la fois une démarche individuelle et collective", indique-t-il sur franceinfo.

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"Effectivement le confinement tel qu'il est, ne peut pas durer éternellement et la levée du confinement va poser un certain nombre d'enjeux : maîtriser la circulation du virus et éviter, malgré une circulation à bas bruit du virus, que les personnes les plus fragiles soient celles qui soient au bout du compte infectées", poursuit le professeur Bruno Lina. "Il faut bien garder en tête que l'on n'est pas tous égaux devant ce virus et que pour certaines personnes, qui présentent des facteurs de risques liés à leur âge ou à un certain nombre de maladies chroniques, ce n'est pas tout à fait pareil. Il faut qu'elles continuent à se préserver. Chacun, individuellement, aura le comportement qu'il considère comme adapté à la connaissance de ce risque."

Le rôle des médecins traitants lors du déconfinement

A 70 ans, "certains sont en très bonne santé, certains vont vouloir avoir une certaine activité et ce sera assez légitime. Mais il faut quand même malgré tout garder en tête que les statistiques, malheureusement, jouent contre ces personnes, avec des niveaux de risque qui sont beaucoup plus élevés que des populations beaucoup plus jeunes", continue le chercheur.

Pour le membre du Conseil scientifique, les médecins de ville auront un grand rôle à jouer à l'issue du confinement, sur la conduite à tenir. "Qui mieux que les médecins connaissent leurs patients ? Ce n'est pas nous qui allons dire comment il faut faire. Et justement, cette notion de risque individuel, c'est vraiment ce partenariat très étroit et très privilégié qu'il peut y avoir entre le médecin traitant et son patient." Mais Bruno Lina prévient, "il ne faut pas non plus vouloir jouer au héros, il faut admettre, à un moment donné, que même si on est en bonne santé, lorsqu'on va lever le confinement, tout le monde va devoir continuer à se laver les mains régulièrement, à porter un masque, quand on est en public, à avoir des attitudes de distanciation sociale. Ces mesures-là devront être particulièrement renforcées lorsqu'on sera en face de quelqu'un que l'on peut identifier comme étant potentiellement à risque, simplement parce qu'il est un peu plus âgé."

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