"Covid long" : la Haute Autorité de santé fait ses premières recommandations

Elle suggère une approche "personnalisée" coordonnée par le médecin traitant et une "place centrale" pour la rééducation, notamment respiratoire.

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 Réeducation de patients post-covid qui presentent des séquelles importantes, au centre hospitalier Jacques Calvé, à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 22 octobre 2020. (MAXPPP)

Ils ont encore des symptômes plusieurs mois après la maladie. La Haute Autorité de santé (HAS) a publié, vendredi 12 février, les premières recommandations de prise en charge pour les personnes présentant des symptômes prolongés après un Covid-19. Elle suggère une approche "personnalisée" coordonnée par le médecin traitant et une "place centrale" pour la rééducation, notamment respiratoire. Ces symptômes, parfois appelés "Covid longs", peuvent survenir "même chez des personnes ayant fait des formes peu sévères" de la maladie. Ils sont divers et "peuvent évoluer de façon fluctuante", souligne la HAS.

La moitié des cas ont des symptômes qui durent

L'autorité définit ces patients atteints de "symptômes prolongés" comme les malades atteints d'un Covid confirmé ou probable qui ont encore au moins un symptôme initial quatre semaines après et dont aucun des symptômes ne peut être expliqué par un autre diagnostic. Des estimations préliminaires indiquent que "plus de la moitié des patients" pourraient être concernés quatre semaines après le début de la maladie et "plus de 10%" à six mois.

"Les symptômes les plus fréquemment rencontrés sont une fatigue, des troubles neurologiques" (cognitifs, sensoriels ou maux de tête), des "douleurs et oppressions thoraciques", de la toux, une gêne respiratoire, des troubles du rythme cardiaque, de l'odorat et du goût, détaille la HAS dans ses recommandations provisoires, qualifiées de "réponses rapides".

Les femmes et les allergiques plus concernés

"On a souhaité réagir vite parce que la HAS s'est rendu compte que les patients étaient vraiment en errance diagnostique et que les médecins avaient besoin d'être outillés pour les prendre en charge", a expliqué lors d'une conférence de presse en ligne l'infectiologue Dominique Salmon, présidente du groupe de travail qui a élaboré ces conseils.

Ces patients sont "surtout de femmes d'âge jeune (...) et souvent des allergiques", a-t-elle ajouté, sur la base des patients de la cohorte constituée à l'hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP) à Paris, suggérant des hypothèses hormonales ou immunitaires pour expliquer ces syndromes persistants. La HAS recommande enfin de financer "des travaux de recherche" pour répondre aux "nombreuses questions scientifiques" qui persistent sur ces symptômes et la façon de les traiter.

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