Covid-19 : transport, distribution, Brexit... Comment va se passer la vaccination au Royaume-Uni

Londres a lancé mardi matin sa campagne de vaccination contre le Covid-19, une première en Europe. Mais le processus sera long, d'autant que la logistique est loin d'être simple.

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Édité par Noémie Bonnin - Richard Place
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Margaret Keenan, 90 ans, est la première Britannique à recevoir le vaccin anti-Covid, à Coventry, le 8 décembre 2020. (JACOB KING / POOL / AFP)

C'est le premier pays occidental à lancer sa campagne de vaccination contre le Covid-19 : le Royaume Uni a commencé mardi 8 décembre au matin. Après l'autorisation mercredi 2 décembre, avant tout le monde, du vaccin de Pfizer et BioNTech, place désormais aux premières piqures. C'est Margaret Keenan, une grand-mère de 90 ans, qui a ouvert le bal : elle est devenue la première patiente au monde à recevoir le vaccin de l'alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech, sous l'oeil des caméras, à l'hôpital de Coventry, dans le centre de l'Angleterre.

>> Covid-19 : la campagne de vaccination a débuté au Royaume-Uni avec une première patiente de 90 ans, suivez la situation en direct

Ce sont les personnes les plus vulnérables et les plus exposées qui vont recevoir les premières doses, c’est-à-dire les plus de 80 ans et les soignants. Mais la grande majorité de ces personnes n’auront leurs piqûres que l’année prochaine. D’ailleurs, le directeur des services de santé en Angleterre annonçait lundi soir que cette campagne durerait au moins jusqu’au printemps.

Comme le disent les autorités britanniques, ce n’est pas un sprint, mais un marathon. Dans un premier temps, le Royaume Uni va recevoir 800 000 vaccins, ce qui signifie 400 000 personnes immunisées, puisqu’il faut deux injections à chaque fois.

Un énorme défi logistique

Première chose, ce vaccin doit être conservé à -70 degrés, il ne peut rester que cinq jours dans un réfrigérateur normal. Il faut également limiter les temps de transport, cette préparation est fragile, sachant qu’elle arrive de Belgique, où elle est fabriquée. Il y a donc 50 centres hospitaliers dans le pays qui ont reçu les doses. Elles y seront administrées.

C’est aussi pour cette raison que les pensionnaires des maisons de retraite, qui figurent parmi les personnes prioritaires, ne recevront pas le vaccin immédiatement. Il faut auparavant trouver le moyen de leur apporter dans de bonnes conditions.

La distribution de vaccin compliquée par le Brexit

En début d’année 2021, on redoute des embouteillages monstres au Royaume-Uni, plusieurs milliers de camions sur l’autoroute qui remonte des ports de la Manche, en raison du Brexit. Tout simplement parce qu’il va y avoir des contrôles douaniers. C’est nouveau, ça va prendre du temps et donc créer des bouchons. Le Brexit doit être bouclé en théorie d'ici le 31 décembre, mais les négociations bloquent.

Or, c’est ce chemin qu’empruntent les poids lourds qui livrent ce vaccin. Impossible qu’ils soient bloqués des heures, connaissant la fragilité de cette marchandise. Le gouvernement a déjà annoncé qu’il s’agissait là d’une marchandise prioritaire. Si besoin, il fera appel à la Royal Air Force, l’armée de l’air britannique, pour effectuer les livraisons.

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