Covid-19 : "On peut espérer des jours meilleurs assez rapidement", affirme l'infectiologue Pierre Tattevin

"La campagne de vaccination marche bien" et permet d'espérer "avoir des jours meilleurs assez rapidement", selon le président de la Société de pathologie infectieuse de langue française et professeur de maladies infectieuses au CHU de Rennes.

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Radio France
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Des passantes masquées dans une rue de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le 22 octobre 2020. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

L'exécutif espère "un retour à une vie plus normale peut-être dès la mi-avril", même si entre temps auront lieu "des semaines de gros temps", a déclaré mercredi 3 mars le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, alors que le Premier ministre Jean Castex doit annoncer de nouvelles mesures jeudi 4 mars.

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"On peut espérer des jours meilleurs assez rapidement", grâce à une campagne de vaccination qui avance, a en partie confirmé le professeur Pierre Tattevin, président de la Société de pathologie infectieuse de langue française et professeur de maladies infectieuses au CHU Rennes ce jeudi sur franceinfo.

franceinfo : Tenir jusqu'au mois d'avril, dit Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, quand la campagne de vaccination portera ses fruits. Ce discours, cet horizon, est-ce qu'il vous semble réaliste ?

Pierre Tattevin : On a bon espoir d'avoir des jours meilleurs assez rapidement parce qu'on a une campagne de vaccination qui marche bien. On a trois bons vaccins, bientôt quatre, et on a protégé les gens les plus fragiles dès les premières semaines. Donc, on peut espérer des jours meilleurs assez rapidement. Mi-avril, je ne peux pas vous le promettre.

Neuf millions de Français, si tout va bien, seront vaccinés ou auront reçu la première dose d'ici à la fin du mois de mars. C'est à ce moment-là qu'on verra assez nettement les effets de la campagne ?

On a réussi à vacciner plus de 80% des gens dans les Ehpad. Donc, on n’aura plus d'admissions dans les hôpitaux ou quasiment plus de ces populations les plus à risque et qui faisaient la grande partie des décès qu'on a vus depuis un an. Ce sont les personnes les plus fragiles qui se retrouvent en réanimation, pas les plus âgées puisque pour une partie de la population, la réanimation ne serait pas raisonnable. Mais en tout cas, ça représente, c'est vrai, beaucoup de travail dans les hôpitaux et ça, ça va être progressivement diminué grâce aux vaccins.

Est-ce que la météo joue également en notre faveur ?

Ce n'est pas tout à fait certain. L’été dernier, il y avait une épidémie terrible au Brésil ou en Guyane, où il faisait entre 30 et 40 degrés au maximum. Donc, on ne peut pas être tout à fait sûr. Mais en tout cas, le fait que les gens sortent plus, ça, c'est bon puisque la transmission du virus est beaucoup moins bonne en extérieur. Le virus devrait moins circuler parce que le vaccin, très probablement, protège aussi contre le risque de transmission. Pas parfaitement, c’est pour ça qu'on dit aux gens vaccinés de rester masqués, mais ça protège aussi contre le risque de transmission. Le virus va moins circuler dans les semaines qui viennent, c'est prévu mais on ne sait pas exactement à partir de quand.

On sait déjà que le département du Pas-de-Calais sera bien reconfiné pour plusieurs week-ends. D'autres mesures sont également prévues dans les départements en surveillance renforcée. Est-ce qu'on peut aujourd'hui parler de l'après ?

Il faut faire attention aux messages, d'autant que les Français ne vivent pas des situations similaires. Dans ma région, en Bretagne, on est plutôt en train de baisser un peu l'accueil dans les hôpitaux parce qu'il y a un peu moins de monde qu'avant. On espère [qu’il y aura des mesures différenciées dans les deux sens, aussi dans celui de l’allègement]. Mais il va falloir là aussi qu'on soit disciplinés et qu'on ne fasse pas n'importe quoi. Mais probablement, on pourra faire des choses un peu région par région, en fonction des situations dans les semaines qui vont être celles du déconfinement. L’Allemagne, qui n'est pas considérée comme un pays farfelu, commence déjà à baisser pas mal de mesures. On peut penser que la porte de sortie n’est pas si loin de là.

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