Covid-19 : "On ne peut pas faire en sorte que tout le monde soit en sécurité", selon une médecin scolaire

Selon Claudine Némausat, co-secrétaire générale du Syndicat national des médecins scolaires et universitaires, le protocole de lutte contre le Covid-19 à l'école engendre "beaucoup de tests à faire pour les enfants". 

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Radio France
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Un élève marche dans le couloir d'une école élémentaire de Paris, le 16 novembre 2021. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Le nouveau protocole sanitaire contre le Covid-19 dans les établissements scolaires, publié jeudi par le ministrère de l' Éducation nationale,"est compliqué", constate ce vendredi sur franceinfo la co-secrétaire générale du Syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMSU-Unsa Éducation), la docteure Claudine Némausat. Selon elle, "on n'arrive pas à obtenir de protocole cohérent". Dans ce contexte, "on ne peut pas faire en sorte que tout le monde soit en sécurité à l'école, il faut peut-être se poser d'autres questions", estime-t-elle.

franceinfo : Avez-vous tout compris au nouveau protocole qui va s'appliquer dans les écoles, les collèges et les lycées ?

Claudine Némausat : Oui, mais il est compliqué. On est obligé de revenir sur les tableaux, les fiches, la foire aux questions... Ce n'est pas simple pour nous en tant que médecin, mais c'est encore autre chose pour les directeurs d'écoles et les chefs d'établissement. Heureusement, c'est déjà un grand pas qu'on ne soit plus obligé de refaire tout le cursus de tests quand il y a un deuxième cas détecté dans la même classe la même semaine. Malgré tout, c'est quand même beaucoup de tests à faire pour les enfants.

Qui sont les plus exposés à cette flambée de l'épidémie : les enseignants ou les enfants ?

Ce sont les enfants. J'aimerais qu'on insiste davantage sur les gestes barrières, mais l'espace médiatique est occupé par les polémiques sur les anti-vaccins. Le niveau de protection a diminué puisqu'on revoit des bronchiolites, des grippes, des gastro-entérites alors qu'on n'en voyait plus l'hiver dernier. Dans les collèges et les lycées, on voit des adolescents qui portent très mal le masque, comme les professeurs. Les gens touchent leurs masques et ne se lavent pas suffisamment les mains. Il y a toute cette protection basique de l'hygiène et des gestes barrières qu'il faudrait vraiment remettre au premier plan.

Comprenez-vous l'appel à la grève lancé par plusieurs syndicats d'enseignants pour le 13 janvier ?

Dans la mesure où on n'arrive pas à obtenir des moyens de protection et des protocoles cohérents qui puissent mettre tout le monde à l'abri, c'est vrai que, même si ce n'est pas une bonne chose pour les enfants de ne pas aller à l'école, je ne sais pas non plus si c'est une bonne chose pour les enfants d'avoir des tests à faire pratiquement toutes les semaines. Avec tout ce qu'il se passe en ce moment, on ne peut pas faire en sorte que tout le monde soit en sécurité à l'école. Donc, effectivement, peut-être qu'il y faut se poser d'autres questions.

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