Covid-19 : les restaurants et les bars de l'île de Ré ont peur de fermer à tout moment

Le taux d'incidence bat des records en Charente-Maritime, une destination prisée des touristes étrangers et français. Les professionnels du tourisme espèrent que leur établissement sera épargné par le Covid-19.

Article rédigé par
Margaux Queffélec - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le port de Saint-Martin de Ré, sur l'île de Ré (Charente-Maritime) le 12 juillet 2020 (DELPHINE-MARION BOULLE / FRANCE BLEU LA ROCHELLE / RADIO FRANCE)

Avec 247 cas positifs au Covid-19 pour 100 000 habitants détectés ces sept derniers jours, le taux d'incidence est très élevé en Charente-Maritime. Jamais cet indicateur épidémiologique n'avait atteint un tel niveau depuis mars 2020. Alors que la haute saison bat son plein, de nombreux bars, restaurants et hôtels ferment dans le département. Et l'inquiétude monte chez les professionnels du secteur, notamment sur l'île de Ré.

Que dire aux touristes si l'établissement ferme ?

Dans la commune du Bois-Plage-en-Ré, les restaurants affichent presque tous complet, mais l'inquiétude liée au Covid-19 plane. "On fait fermer les restaurants les uns derrière les autres", annonce Patrice Belnard, propriétaire du Moulin Café, dont la terrasse est noire de monde avec le beau temps de ces derniers jours. Une terrasse qui pourrait elle aussi se vider si le Covid-19 fait son apparition, surtout si c'est le variant Delta. "Aujourd'hui, un cas contact fait fermer sept à dix jours." Ce serait un coup très rude pour ce restaurateur qui fait sa "trésorerie pour tout l'hiver" en juillet et en août. Si je n'ai pas accumulé 360 000 euros de trésorerie à la fermeture, on ne passe pas l'hiver."

Mais ce que le restaurateur redoute le plus, c'est l'arrivée du pass sanitaire à l'entrée de son établissement, qui pourrait selon lui, faire fuir 60% de sa clientèle. "On va passer de 250 à 100 couverts par jour. Je ne sais pas comment on va faire. Il faudra aussi demander à partir de la fin du mois d'aout, la même restriction sanitaire aux serveurs, aux cuisiniers. Chez nous, les salariés sont embauchés pour l'ensemble de la saison. On a la masse salariale qui est là, 17 employés. Je ne peux pas m'en séparer parce qu'on nous demande un pass sanitaire."

"On ne sait pas comment on doit accueillir nos clients, complète Anne Latour, qui tient l'hôtel-restaurant L'Océan, quelques rues plus loin. Qu'est-ce que je fais des 60 personnes qui sont à l'hôtel, si je dois le fermer ? C'est un peu compliqué à gérer parce que chez soi, on a le droit de stresser. Mais quand on est face au client, il faut avoir le sourire. On gère des choses un peu au jour le jour."

La crainte de nouvelles restrictions sanitaires

En l'absence de protocole clair, Christophe Pourin a lui-même établi des conditions d'accès très strictes à son hôtel La Villa. Pour y pénétrer, il faut avoir appelé et réservé en amont. Toutes les interactions avec le personnel se font à l'extérieur. L'objectif est d'éviter coûte que coûte une fermeture à cause du Covid-19, comme c'est arrivé à un restaurant situé quelques mètres plus haut. "On a cette épée de Damoclès sur la tête, confie Christophe Pourin. La peur, c'est une chose, mais le tout, c'est de se donner des moyens et de rester vigilant. C'est une vigilance au quotidien, mais c'est un investissement personnel qui est très important."

Le préfet de Charente-Maritime n'a pas exclu la mise en place de nouvelles restrictions sanitaires au cours de l'été, ce qui ne manque pas d'ajouter à l'incertitude des professionnels.

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