Covid-19 : les renforts en Martinique permettent "d'éviter que l'hôpital ne s'écroule", assure le directeur général du CHU

Plus de 120 soignants sont déjà partis de métropole pour la Martinique et la Guadeloupe.

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Un patient Covid est transporté dans une tente de soin à l'entrée des urgences de l'hôpital Pierre Zobda-Quitmanou à Fort-de-France en Martinique, où il sera examiné avant d'être hospitalisé. (FANNY FONTAN / HANS LUCAS)

Les renforts envoyés en Martinique pour aider les soignants à faire face à la quatrième vague de Covid-19 permettent "d'éviter que l'hôpital ne s'écroule", assure le directeur général du CHU de Martinique Benjamin Garel jeudi 19 août sur franceinfo, alors que plus de 120 soignants sont partis de métropole pour la Martinique et la Guadeloupe mardi et que d'autres doivent arriver vendredi.

"On a reçu vraiment beaucoup d'aides de la métropole. Ça a commencé avec les réservistes et après il y a eu ces aides qui ont été très médiatisées et ça change tout. Ça a amené beaucoup d'énergie et ça a permis d'éviter que l'hôpital ne s'écroule", raconte-t-il.

On avait ouvert beaucoup de services et ils étaient vraiment sous-dotés en personnels aussi bien soignants que médicaux, on était à deux doigts que plus personne n'en puisse plus

Benjamin Garel, directeur général du CHU de Martinique

franceinfo

Mais malgré ces renforts, "la situation reste extrêmement difficile", assure le directeur général, "on est un hôpital qui est arrivé à saturation et où on n'a plus aucune place en réanimation depuis maintenant 20 à 30 jours, alors que sur les 450 patients Covid-19 qui sont dans le CHU de la Martinique, à peu près la moitié relèverait de la réanimation". Il reconnaît devoir faire des choix entre les patients, car, "malheureusement, il arrive un moment où tous les jours, quand une place de réanimation se libère, il y a plusieurs patients qui seraient éligibles à prendre cette place".

"Les urgences sont remplies de brancards, de gens qui arrivent en s'étouffant", décrit-il encore, "les médecins sont tous crevés et on a un nombre de patients qu'on n'a jamais connu dans les urgences avec des gens dans des états très graves, si on leur enlève l'oxygène, ils s'étouffent immédiatement".

L'usine de production d'oxygène liquide locale est saturée

Benjamin Garel explique qu'au-delà des limites en personnels ou en place, la quantité d'oxygène liquide disponible est aussi limitée. "Notre consommation d'oxygène a été multipliée par 10 à peu près. C'est quelque chose qu'on n'avait jamais connu sur les autres vagues. L'usine de production d'oxygène liquide qui approvisionne Guadeloupe et Martinique est arrivée à saturation", d'où la nécessité de se faire livrer de l'oxygène liquide en provenance de Guyane, via un navire militaire.

Le directeur général du CHU de Martinique rappelle que "cela fait un an et demi et qu'on n'en est jamais sortis" puisque l'hôpital a aussi aidé les malades guadeloupéens. "Pour l'instant, on ne voit pas encore l'effet du confinement alors qu'on pense qu'il devrait arriver dans deux ou trois jours, si ça se passe comme les vagues précédentes. Pour l'instant, on ne voit rien du tout et on s'inquiète", conclut-il en prévenant que d'autres patients risquent d'être évacués vers la métropole, en plus des quatre qui sont déjà partis.

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