Covid-19 : les commerces de détail espèrent "rouvrir le plus vite possible", car ils "font beaucoup de chiffre d’affaires" en mai

"S’il n'y a pas d'amélioration liée à la fermeture des magasins, c'est bien la preuve que toute façon, cela ne changera rien", note la présidente du Procos, la Fédération pour l'urbanisme et le développement du commerce spécialisé, Laurence Paganini.

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La rue Basse, à Lille, l'une des principales artères commerçantes où les magasins sont fermés pour cause de confinement (illustration). (STÉPHANE BARBEREAU / RADIOFRANCE)

Laurence Paganini, présidente du Procos, la Fédération pour l'urbanisme et le développement du commerce spécialisé, a demandé jeudi 22 avril sur franceinfo au gouvernement de pouvoir "rouvrir le plus vite possible" en mai, car les enseignes "font beaucoup de chiffres d’affaires à cette période-là". Douze fédérations et 150 dirigeants de réseaux cosignent une tribune dans Le Parisien pour une réouverture le 10 mai et pour réclamer des aides adaptées à toutes typologies de commerces alors que de nombreux magasins dit "non essentiels" sont fermés depuis maintenant plusieurs mois pour freiner la propagation du coronavirus.

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franceinfo : Pourquoi cette date du 10 mai ?

Laurence Paganini : Le mois de mai est un mois important pour notre activité. C'est vital pour le textile, la chaussure.

"Il faut pouvoir vendre les produits de saison aux consommateurs, chaque jour qui passe est un jour de moins et des stocks d'invendus en plus."

Laurence Paganini, présidente du Procos

à franceinfo

Et le mois de mai, c'est un secteur traditionnellement qui pèse entre 8 et 15 % du chiffre d'affaires de l'année en fonction des secteurs comme la parfumerie, la bijouterie, l’équipement de la personne. Ils font beaucoup de chiffre d’affaires à cette période-là. Chaque jour du mois de mai est effectivement un jour important et c'est pour cela qu'on voudrait pouvoir rouvrir le plus vite possible.

Beaucoup d’enseignes pourraient ne pas rouvrir ?

C’est 150 000 magasins qui sont fermés. Et pour une grande majorité des magasins, c'est un jour sur deux depuis le début de l'épidémie. Aucune entreprise ne peut survivre dans ces conditions. Les équipes du Procos et les autres fédérations sont quasiment en lien au quotidien avec les équipes de Bercy pour négocier les aides. Mais une trop grosse majorité d'entreprises n'a reçu aucune aide, aucun euro, mis à part l’activité partielle depuis le début de l'épidémie, depuis plus d'un an. Donc, on est effectivement très inquiets par rapport aux récentes déclarations qui alimentent cette imprévisibilité. Nous n'avons pas de date précise et les aides n'arrivent pas.

Les épidémiologistes disent qu’il ne faut pas aller trop vite, car l’épidémie ne recule pas. Vous les entendez ?

S’il n'y a pas d'amélioration liée à la fermeture des magasins, c'est bien la preuve que toute façon, cela ne changera rien. On prend vraiment notre part dans l'accompagnement de cette crise avec des protocoles sanitaires qui sont tout à fait renforcés. Les magasins ne contribuent pas à la diffusion du virus. La méthode ne peut pas durer. On doit combattre ensemble le virus, mais cela ne doit pas passer par la fermeture de nos magasins. Il faut qu'on soit tous collectivement extrêmement rigoureux sur l'application des mesures barrières. Le protocole a été mis en oeuvre, il a fait ses preuves. À la différence des autres secteurs qui sont fermés depuis longtemps, nous sommes prêts à ouvrir sur la base de notre protocole sanitaire. On a tout ce qu'il faut pour ouvrir dans les bonnes conditions. 

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