Covid-19 : le syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale réclame "un peu de stabilité" dans les protocoles

"Cela fait neuf protocoles qu'on met en application depuis le mois de mars 2020", a relevé Didier Georges, principal de collège à Paris.

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Radio France
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Un élève dans une salle de classe du collège de Jastres à Aubenas en Ardèche, le 25 mai 2020. (CLAIRE LEYS / FRANCE-BLEU DRÔME-ARDÈCHE)

Didier Georges, principal de collège à Paris et membre du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale, a réclamé lundi 3 mai sur franceinfo "un peu de stabilité" dans les protocoles, car les changements "déstabilisent beaucoup d'abord notre organisation", mais "aussi les enseignants". Les lycéens et les collégiens font leur retour dans les établissements scolaires lundi en demi-jauge pour certains élèves de 4e et 3e dans les départements les plus touchés par le Covid-19.

franceinfo : Le gouvernement serait prêt à alléger le dispositif d’une fermeture de classe dès le premier de Covid-19. Etes-vous favorable à cette mesure ?

Didier Georges : Cela fait neuf protocoles qu'on met en application depuis le mois de mars 2020. Les personnels de direction que je représente aimeraient bien un peu de stabilité. Maintenant, c’est aussi très dépendant de la situation sanitaire. Ce qu'on aimerait bien, c'est ne pas faire des allers-retours sans cesse entre un dispositif et un autre. J'en veux pour preuve, par exemple, ce qui se passe avec les cours d’EPS [Éducation physique et sportive] en ce moment où, un jour on n'a pas le droit aux activités en intérieur, et la semaine suivante on y a droit. Il y a sans arrêt des modifications qui déstabilisent beaucoup d'abord notre organisation, mais qui déstabilise aussi les enseignants. Il faut penser à eux. On a l’autorisation de nouveau de reprendre les activités d'EPS en intérieur, ce qui est une décision qu'on ne comprend pas puisqu’elle s'associe à un moment où on met les élèves de quatrième et de troisième en demi-jauge. Donc, s'il faut davantage de sûreté, c'est tout à fait incompréhensible.

Êtes-vous prêts à utiliser les autotests dans vos établissements ?

Pas du tout. C’est un vrai sujet. Les autotests, c'est une logistique extrêmement lourde. Il faut des conditions, notamment d'encadrement. Il faut des ressources en personnel. Les trois syndicats de chefs d'établissement ont écrit un communiqué commun pour dénoncer cette mesure. Non pas le principe des autotests, on est tout à fait favorable aux autotests, mais on est un peu en difficulté pour l'organisation parce que cela prend énormément de temps, énormément d'heures. Et les contraintes logistiques font qu'aujourd'hui, dans la majorité des lycées français, ce sera quasiment impossible de mettre en place l'organisation afférente aux deux autotests par élève. Donc, on souhaite que les choses soient organisées de telle manière que les élèves puissent se tester eux-mêmes à la maison dans le cadre du milieu familial.

Il y a des appels au blocage des lycées ces jours-ci pour réclamer l’annulation des dernières épreuves du bac en présentiel. Soutenez-vous cet appel ?

Absolument pas. De toute façon, on est toujours fondamentalement contre ce qu'on appelle les blocus de lycées parce qu'on estime que dans la période qu'on vient de vivre depuis mars 2020, de très nombreux lycéens sur le territoire national n'ont pas eu tous les cours auxquels ils ont droit. C'est d'ailleurs un des arguments qu'ils avancent pour demander à ce que le bac soit en contrôle continu intégral, comme il l'a été l'an dernier. Pour beaucoup d'entre eux, l’enseignement scolaire a été à mi-temps. Cela ne veut pas dire que les connaissances et les compétences à acquérir l'ont été, mais pour autant, en présentiel, ils l'ont été dans leur établissement qu’à mi-temps. Source : invité de franceinfo Heure : 06h40 Validation : SJ

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