Covid-19 : le nouveau protocole d'isolement va nous mettre "en grande difficulté", craint l’Ordre des pharmaciens

L'annonce de la gratuité des autotests pour les personnes vaccinées et cas contact prend les pharmaciens de court. "Nous ne sommes pas prêts à le faire dès aujourd'hui et cela va générer de l'incompréhension", craint la présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens.

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Radio France
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Un autotest Covid (illustration). (TONY SELLIEZ / RADIO FRANCE)

Le nouveau protocole d’isolement annoncé par le gouvernement dimanche pour lutter contre le Covid-19 va mettre "les pharmaciens en grande difficulté", a déclaré lundi 3 janvier sur franceinfo Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens. Pour les personnes qui sont entièrement vaccinées et cas contacts, la période d'isolement est raccourcie à 7 jours, mais à condition de pratiquer d'abord un test PCR ou un antigénique le premier jour, puis dans les jours qui viennent, deux autotests qui seront délivrés gratuitement en pharmacie. "C’est une très bonne mesure que les autotests soient distribués gratuitement et je m'en réjouis, sauf que nous ne sommes pas prêts à le faire dès aujourd'hui", explique Carine Wolf-Thal.

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franceinfo : Avez-vous assez d’autotests ?

Carine Wolf-Thal : Cela va être très compliqué parce que ça a été annoncé hier. Donc, les pharmaciens n'ont pas anticipé cette commande massive d’autotests qui va arriver dès aujourd'hui puisque la nouvelle stratégie entre en vigueur aujourd'hui. Donc, ça va être une difficulté pour les pharmaciens. Difficulté aussi de se procurer des vaccins puisque dans la même lignée, on annonce une accélération massive de la vaccination. La prochaine commande des vaccins, on la recevra dans quinze jours. Et encore, si on arrive à les commander aujourd'hui. Cela met les pharmaciens en grande difficulté aujourd'hui. C'est une très bonne mesure, en effet, que les autotests soient distribués gratuitement et je m'en réjouis sauf que nous ne sommes pas prêts à le faire dès aujourd'hui et cela va générer de l'incompréhension.

Les pharmaciens seront-ils prêts quand même ?

Les pharmaciens font le maximum si on leur en donne les moyens, à savoir d'avoir les stocks disponibles. Or, aujourd'hui, les distributeurs de tests ont été asséchés par la grande distribution. Donc, cela va être très compliqué d'avoir dans les délais les tests et les vaccins pour répondre à la stratégie qui a été annoncée hier, qui n'est pas très claire au fond non plus.

"Tout repose sur les autotests alors que l’on connaît quand même la valeur limitée de ces tests."

Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens

à franceinfo

Ils n'ont un intérêt que s’ils donnent un résultat positif, mais s’ils donnent un résultat négatif ce n'est qu’une photo à un instant T et cela ne veut pas dire que la personne n'est pas contaminante.

Parce qu’ils sont trop difficiles à manipuler ou parce que c'est la nature même de ces autotests ?

Les deux. D’abord, c’est le prélèvement qui doit très bien fait. C'est un prélèvement nasal profond. Donc, ça veut dire qu'on enfonce quand même 3-4 cm le coton-tige dans le nez. C'est pas tout à fait naturel et il faut tourner, tournicoter. Mais encore une fois, admettons que le prélèvement soit bien fait. Pour une personne asymptomatique, la sensibilité n'est pas terrible, donc, et surtout, c'est une photo à un instant T. Donc, la personne qui s'autoteste et qui prend après les transports pour aller au travail risque de contaminer. Mais je comprends la difficulté à la fois pour les Français et pour le gouvernement. On est face à une vague sans précédent. 10 % de la population à tester, cela va être très, très, très compliqué.

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