Covid-19 : "L'arrivée d'un vétérinaire" au Conseil scientifique "va permettre d'avoir une vision plus globale de la santé", souligne l’Académie vétérinaire de France 

Jean-Luc Angot, président de l’Académie vétérinaire de France, rappelle sur franceinfo que 75% des maladies humaines émergentes sont d'origine animale, alors qu'un vétérinaire fait partie des quatre nouveaux membres nommés au Conseil scientifique Covid-19.

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Audition du Pr Jean-François Delfraissy, chef du conseil scientifique sur le Covid-19, par la commission d'enquête du Sénat sur la gestion par les pouvoirs publics de la pandémie. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

"L'arrivée d'un vétérinaire" au Conseil scientifique "va permettre d'avoir une vision plus globale de la santé", souligne mercredi 17 février sur franceinfo Jean-Luc Angot, président de l’Académie vétérinaire de France. Quatre nouvelles nominations au Conseil scientifique Covid-19 dont un vétérinaire, un gériatre et une pédopsychiatre ont été officialisées ce mercredi. "Le vétérinaire a une expertise en matière d'épidémiologie", explique Jean-Luc Angot, qui rappelle que "75% des maladies humaines émergentes sont d'origine animale, ce qu'on appelle des zoonoses".

franceinfo : Un vétérinaire au conseil scientifique, c'est une demande que vous formuliez depuis des mois, êtes-vous satisfait ?

Jean-Luc Angot : Tout à fait, c'est une bonne nouvelle. C'est une demande qu'on avait formulée déjà depuis le mois de mars 2020 quand on a demandé que le monde vétérinaire soit davantage impliqué dans la gestion de la crise, notamment avec la réalisation de tests PCR par les laboratoires vétérinaires, et la mobilisation de vétérinaires dans le cadre de la réserve sanitaire. L'arrivée du vétérinaire va permettre d'avoir une vision plus globale de la santé, selon le concept "one health". Historiquement, il n'y avait pas de division entre la science de la santé humaine et la santé des animaux. À sa création, l'Académie de médecine avait une section vétérinaire, Pasteur est un précurseur de cette notion de "one health". Ensuite, les liens se sont un peu distendus. Et là, vraiment, avec cet épisode Covid-19 c'est le moment pour retisser des liens, remettre des passerelles entre la santé humaine, la santé animale, mais également la santé environnementale, puisque c'est quelque chose à prendre en considération. Cela a été le cas d'ailleurs au niveau international, puisque les organisations internationales traitant de ce dossier ont intégré également le Programme des Nations unies pour l'environnement.

Quelle expertise ce vétérinaire va-t-il pouvoir apporter au sein du Conseil scientifique ?

Alors bon, le décret est paru ce matin. Mais le vétérinaire travaille en fait au conseil scientifique depuis le début du mois de janvier, donc il a pu déjà apporter son expertise qui est d'ailleurs appréciée. Je rappelle que 75% des maladies humaines émergentes sont d'origine animale, ce qu'on appelle des zoonoses. Le vétérinaire a une expertise en matière d'épidémiologie, puisque dans le domaine vétérinaire on est malheureusement assez souvent sollicité par le traitement d'épidémie. Les études épidémiologiques des populations, des troupeaux en l'occurrence pour les animaux, sont vraiment connues par les vétérinaires, qui ont d'ailleurs identifié le premier coronavirus dans les années 30 chez la volaille. On sait depuis cette époque que, malheureusement, il y a beaucoup de variants parmi les coronavirus et à chaque fois, les vaccins qui sont utilisés, par exemple pour les volailles, doivent être adaptés, un scénario que l'on a actuellement avec la Covid-19.

Plus largement, les vétérinaires ont mis des moyens à disposition pour la gestion de cette crise dès le printemps dernier. Ça continue ?

Moins, puisque les hôpitaux se sont équipés depuis, il y a eu des commandes. Mais c'est vrai qu'au début, il y a eu des dons de respirateurs, d'anesthésiques, de matériel également. Après, bien sûr, c'est monté en puissance puisqu'il y a eu la mise à disposition de masques et de respirateurs. Mais les laboratoires vétérinaires continuent à travailler pour les tests PCR, notamment pour le séquençage, c'est-à-dire la mise en évidence des variants.

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