Covid-19 : à Compiègne, le couvre-feu a été "un outil utile", selon le maire de la ville

Philippe Marini, élu Les Républicains, estime que c'est une "bonne discipline" s'il s'agit d'éviter "une nouvelle rupture dans l'activité économique".

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Philippe Marini, le maire de Compiègne, le 15 mars 2020. (DOMINIQUE TOUCHART / MAXPPP)

Le couvre-feu fait partie des mesures qui pourraient être annoncées mercredi 14 octobre à 20h par Emmanuel Macron invité de TF1 et de France 2. L'Oise a été le premier département français gagné par l'épidémie, et plusieurs villes avaient instauré au printemps dernier un couvre-feu, en plus du confinement. Compiègne l'avait instauré dès le 23 mars, entre 22h30 et 5 heures du matin. "Le couvre-feu a été un outil utile", affirme sur franceinfo le maire LR de Compiègne Philippe Marini.

franceinfo : Philippe Marini, vous avez instauré un couvre-feu, il y a plus de six mois. Vous avez eu raison avant tout le monde ?

Philippe Marini : Je l'avais sollicité pour deux raisons. La première raison est sanitaire, pour éviter les sorties nocturnes pendant le confinement et donc le rapprochement des gens, comme il faisait très beau ce printemps. Et puis il y avait un but sécuritaire, puisque dans certains quartiers de ma ville, il a pu y avoir des épisodes assez pénibles de trafic de stupéfiants et des épisodes opposant les consommateurs, les trafiquants et les forces de police.

Le contexte a changé depuis le printemps. Vous pensez que les Français sont désormais prêts à accepter une épreuve supplémentaire comme celle-là ?

Si c'est une épreuve pour éviter d'autres épreuves, on peut réfléchir un peu. Si c'est le moyen d'éviter un reconfinement, la limitation des transports, une nouvelle rupture dans l'activité économique, alors je pense que le couvre-feu, c'est une bonne discipline. Quand on pèse les choses, c'est un dispositif auquel il faut réfléchir tout à fait positivement. Bien sûr, Compiègne, c'est 40 000 habitants. Ce n'est pas Paris.

Je crois que, si on explique que c'est une façon de réguler la situation, de ralentir la pandémie, et qu'à ce prix, on évitera des pertes d'emplois, des chutes d'entreprises, une aggravation de la situation économique, de la situation sanitaire, nos concitoyens comprendront, écouteront et joueront le jeu.

Philippe Marini, maire LR de Compiègne

à franceinfo

On entend des médecins s'opposer à la mesure. L'épidémiologiste Martin Blachier, par exemple, estime qu'un couvre-feu serait aller trop loin, que cela va créer inutilement un climat délétère dans le pays. Vous n'êtes pas d'accord ?

Il me semble que le climat délétère existe déjà et qu'il y a beaucoup de crainte et d'anxiété dans la société, dans toutes les catégories de la population. Presque tout le monde aujourd'hui, dans les grandes agglomérations touchées, connaît des personnes atteintes, ou voit ses activités modifiées par la pandémie, son emploi du temps modifié, ses habitudes modifiées. Si ce n'est pas déjà quelque chose qui crée une atmosphère délétère, alors je ne sais pas ce que ça veut dire.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.