Covid-19 : pour les professionnels de santé, les semaines à venir "vont rester chargées"

Selon les professionnels de santé interrogés, il faut "continuer les mesures qui sont encore restrictives, comme les jauges ou le télétravail."

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Radio France
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Une infirmière en service de réanimation au centre hospitalier de Laval (Mayenne), le 20 janvier 2022. (MARC OLLIVIER / MAXPPP)

"Il faut être sûr que la décrue soit entamée pour pouvoir commencer à relâcher certaines mesures", a affirmé, Jonathan Roux, épidémiologiste à l’Ecole des hautes études en santé publique de Rennes (EHESP), jeudi 20 janvier sur franceinfo, alors que le Premier ministre a annoncé le calendrier de levée progressive des restrictions destinées à freiner la progression du Covid-19. "Cette vague exceptionnelle n'est pas terminée, mais je crois pouvoir vous dire que la situation commence à évoluer plus favorablement", selon Jean Castex.

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"On voit que l'on est toujours dans une hausse du nombre de cas", note Jonathan Roux. Mais "il reste à confirmer", selon lui, si le pic "a été atteint". Si une "stagnation du nombre de personnes en réanimation" est constatée, "avec une diminution du nombre de personnes qui arrivent en réanimation tous les jours", en hospitalisation conventionnelle, il y a "toujours des patients qui arrivent, mais qui nécessitent une prise en charge qui est plus légère". L'épidémiologiste y voit "ce pic tant attendu" arriver "progressivement". C'est la raison pour laquelle il faut "continuer les mesures qui sont encore restrictives, comme les jauges ou le télétravail". Avec le calendrier "plus précis" donné par le gouvernement pour début février, l'épidémiologiste "pense que l'on aura atteint le pic des contaminations d'ici là et que l'on aura entamé la décrue."

S'il y a une amélioration de la situation sanitaire, "c'est grâce notamment à la vaccination", souligne Jonathan Roux, car "la population française est fortement vaccinée". C'est également dû au variant Omicron, "majoritaire en France" qui est "beaucoup moins dangereux pour les personnes qui ne sont pas vaccinées". Ce double constat fait dire à l'épidémiologiste que "la vaccination reste très efficace contre les formes graves". Selon lui, "en combinaison de la moindre dangerosité du variant Omicron et de cette vaccination qui reste très efficace contre les formes graves, on va sans doute pouvoir relâcher les mesures en ayant une circulation du virus qui sera plus importante que celle que l'on avait quand on avait relâché sur les précédentes vagues."

Des semaines "chargées" à venir à l'hôpital

"D'ici une quinzaine de jours, progressivement fin janvier-début février, la pression sur l'hôpital va diminuer", a estimé sur franceinfo Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) et maire Agir de Fontainebleau. "La couverture vaccinale continue à s'améliorer. Elle a joué un vrai rôle de bouclier et de protection de la population", rappelle Frédéric Valletoux. Mais néanmoins, "il ne faut pas donner l'impression que tout est rose à l'hôpital". Il souligne que si "les chiffres sont bas" notamment en soins critiques, "la pression globale sur l'hôpital reste forte, mais on voit que le bout du tunnel commence à être entrevu par les hospitaliers."

Avec cette pression qui baisse, la fin des déprogrammations d'opération est en route "dans quelques hôpitaux", souligne le président de la Fédération hospitalière de France. "On a à nouveau des patients qui sont rappelés pour leur dire, 'on va pouvoir maintenant reprogrammer votre intervention chirurgicale'. Cela reprend dans quelques établissements". Frédéric Valletoux rappelle que "l'une des conséquences de cette épidémie, c'est le volume important de déprogrammation depuis deux ans". En 2020 et 2021, "ce sont aux alentours de trois millions d'actes médicaux qui ont été déprogrammés, depuis des opérations jusqu'à des consultations. Pour certains patients, cela peut signifier des pertes de chances". C'est une conséquence de la crise sanitaire "que l'on mesure mal", note le patron de la FHF.

"Derrière, quelle est la réalité de toutes ces opérations que l'on a dû reporter ? Quelles sont les conséquences pour les patients concernés ? Ça, on l'apprécie mal. Donc tant mieux si l'activité hospitalière revient à la normale."

Frédéric Valletoux président de la Fédération hospitalière de France (FHF)

à franceinfo

Le président de la Fédération hospitalière de France tient enfin à avoir "une pensée pour les hospitaliers qui ont deux ans de mobilisation contre le Covid et qui vont devoir reprendre une activité normale". Pour eux, la sortie de l'épidémie de Covid-19 ne signifie pas "une diminution de l'activité et de la pression hospitalière". Il va falloir "revenir à un fonctionnement normal, reprendre tous ces patients qui ont été déprogrammés ces dernières semaines", ajoute Frédéric Valletoux. "Il va encore y avoir des semaines qui vont être bien chargées pour les hospitaliers."

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