Covid-19, grippe et bronchiolite : on fait le point sur la "triple épidémie" qui menace l'hôpital

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Un service de pédiatrie à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), le 29 octobre 2021. (image d'illustration) (ALINE MORCILLO / HANS LUCAS)

La résurgence des virus respiratoires cet automne fait planer sur les hôpitaux un risque de saturation.

Le triplé inquiète les hôpitaux déjà surchargés. Alors que les urgences pédiatriques sont toujours, samedi 26 novembre, au bord de la saturation à cause de l'explosion du nombre de cas de bronchiolite, les autorités sanitaires s'attendent à ce que l'épidémie grippale soit particulièrement sévère cet hiver. Si l'on prend en compte le fait que le nombre d'infections au Covid-19 remonte également, la situation hospitalière pourrait devenir tendue, dans un contexte où "les carences en personnel dans l'hôpital public se font de plus en plus sentir tous les ans", déplore Nathan Peiffer-Smadja, infectiologue à l'hôpital Bichat.

Pour contenir la menace d'une "triple épidémie", les spécialistes conseillent de se faire vacciner, "bien que pour le Covid, la vaccination ne soit pas très efficace pour empêcher les transmissions", précise Nathan Peiffer-Smadj. En intérieur, ajoute Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie, "le port du masque FFP2 peut être recommandé pour les endroits mal aérés pour réduire les infections".

Franceinfo fait le point sur les différentes épidémies en cours.

Un plan d'urgence activé pour la bronchiolite

La hausse n'en finit pas. Selon le dernier bulletin de Santé publique France, près de 2 552 enfants de moins de 2 ans ont été hospitalisés dans la semaine du 14 au 20 novembre, soit une augmentation de 26% par rapport à la semaine précédente. Les bronchiolites représentaient à elles seules près de 26% des passages aux urgences pédiatriques et 53% des hospitalisations chez les enfants de moins de 2 ans. Une flambée épidémique qui s'explique par "une susceptibilité de la population à l'infection plus grande cette année, en raison du fait que le dernier pic d'infection remonte à plus de neuf mois, en 2021, et que pour la bronchiolite, l'immunité ne dure qu'environ six mois" explique Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'université de Montpellier. Pour faire face à la saturation des services, un plan d'urgence contre la bronchiolite a dû être activé par le ministère de la Santé, début novembre, afin de permettre le transfert de patients ou la mobilisation de personnel en vacances.

Une situation pré-épidémique dans quatre régions pour la grippe

Le nombre d'infections grippale augmente nettement : de plus de 65% la semaine du 14 novembre, selon Santé publique France. Une hausse qui s'accompagne d'une augmentation de 39% des passages aux urgences pour syndrome grippal. Quatre régions – le Centre-Val de Loire, les Hauts-de-France, l'Île-de-France et la Normandie – sont désormais en phase "pré-épidémique". La transmissibilité du virus grippal est favorisée par les conditions météorologiques de l'hiver, qui rendent moins efficaces nos défenses naturelles. "L'air froid et sec assèche le mucus produit par les muqueuses. Or, celui-ci forme une protection contre les agents pathogènes", pointe Mircea SofeanaLa survenance de cas graves est quant à elle liée au faible taux de couverture vaccinale. "Moins de 50% des personnes à risque, souffrant d'obésité ou de maladies graves, se font vacciner", déplore Nathan Peiffer-Smadja. Or la campagne de vaccination cette année a pris du retard. Au 18 novembre, 7 millions de doses contre la grippe avaient été injectées, contre 8,6 millions en 2021.

L'amorce d'une neuvième vague de Covid-19

Sur le front du Covid-19, l'épidémie repart en France avec "une reprise de la circulation du virus", faisant craindre une neuvième vague. Depuis une dizaine de jours consécutifs, le nombre d'infections remonte et 48 629 nouveaux cas ont été recensés le 25 novembre.

Le nombre d'infections au Covid-19 remonte en France. (FRANCEINFO)

"Pour le Covid, les vagues épidémiques reviennent en fonction de la transmission globale du virus, favorisée notamment par le retour du froid et le fait que les gens se réunissent plus à l'intérieur en hiver, ce qui favorise la transmission orale du virus", commente Nathan Peiffer-SmadjaA cela, explique Mircea Sofonea, s'ajoute le fait qu'un nouveau sous-variant "générant un plus grand échappement immunitaire", BQ 1.1, c'est-à-dire plus transmissible, est en train de remplacer BA.5, l'actuel sous-variant dominant. 

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