Covid-19 en Île-de-France : "Respecter les gestes barrières" reste la mesure "la plus efficace" selon le directeur général de l'ARS

Aurélien Rousseau a fait part lundi 5 octobre sur franceinfo de la dégradation des indicateurs permettant d'évaluer la progression de l'épidémie de coronavirus en région parisienne. 

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Radio France
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Aurélien Rousseau, directeur de l'ARS d'Île-de-France, en mars 2020 (PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP)

Aurélien Rousseau, directeur général de l'Agence Régionale de Santé (ARS) d'Île-de-France, a estimé lundi 5 octobre sur franceinfo que les mesures supplémentaires de restrictions annoncées dans la matinée sont justifiées par la progression de l'épidémie de coronavirus. Pour autant, il rappelle l'importance de l'implication de chacun dans la réussite de ce plan : "Limiter le nombre de gens que l'on voit" et "respecter les gestes barrières" restent les mesures "les plus efficaces" contre la propagation de l'épidémie en Île-de-France, selon Aurélien Rousseau.

franceinfo : Est-ce que vous diriez que Paris est aujourd'hui clairement l'épicentre de l'épidémie dans l'Hexagone ?

Aurélien Rousseau : "Paris et la proche banlieue, c'est un des sujets de préoccupation maximale à cause de la densité de population et du lien avec les 3 départements limitrophes, qui font que tout se passe extrêmement vite. Et puis on a des chiffres inquiétants. L'incidence sur la population des 20-30 ans est au-dessus de 500 cas pour 100 000 habitants. Donc on est effectivement sur une dynamique de l'épidémie qui est là et qui a un impact sur l'hôpital. Il y a un impact en réanimation avec plus de 36% d'occupation par des patients COVID mais aussi sur les lits d'hôpitaux en général. On est à 2 328 patients hospitalisés en Île-de-France."

Tout va se jouer pour vous dans les 2 semaines qui viennent ?

"Oui. Les mesures que l'on prend mettent 15 jours à ralentir, si elles fonctionnent, l'impact sur l'hôpital. Mais les mesures d'interdiction ou de limitation dépendent de chacun de nous, avec ou sans arrêté officiel. C'est la réduction de nos interactions sociales. C'est limiter le nombre de gens que l'on voit, de respecter chaque jour les gestes barrière. Au fond, ces éléments, qui sont assez simples et qui ne peuvent pas relever d'une loi, d'un décret ou d'un arrêté, sont entre nos mains. Et l'on sait que ce sont eux qui seront les plus efficaces."

Ça reste plus important que les bars fermés et le protocole supplémentaire pour les restaurants ?

​​​​​​​"Tout ça, c'est un tout. L'analyse que l'on fait aujourd'hui, elle conduit à prendre les mesures qui correspondent. On sait que l'on a un risque de contamination qui est multiplié par trois dans les bars parce qu'on fait un peu moins attention, parce qu'il y a une atmosphère festive. Donc on prend cette mesure sur les bars. On sait qu'on a un certain nombre de clusters dans les universités, souvent dus aux moments hors temps-scolaire. Donc on réduit la jauge et on interdit les fêtes étudiantes. Et puis par ailleurs, il y a quand même beaucoup de contaminations dans le cercle familial. Mais là, on ne va pas le réglementer. On repasse des appels à la prudence et au civisme. Il n'est pas là question de culpabiliser ou de stigmatiser telle ou telle population mais de donner les éléments de façon très transparente pour que chacun se sente aussi en responsabilité pour faire face à cette épidémie."


Que répondez-vous aux interrogations des franciliens qui ne comprennent pas que l'on ferme les bars, que l'on demande de réduire ses contacts alors que les transports sont bondés par exemple ?

"On a repassé ce message, que ce soit sur les transports en commun ou sur le télétravail, d'apprendre le plus possible à travailler à distance ou à prendre d'autres moyens de transport. Après, c'est souvent plus facile à dire qu'à faire. Il reste une réalité : les transports en commun sont sont moins utilisés de l'ordre de 35% que ce qu'ils n'étaient à la même date l'an dernier. Et sur ce sujet, comme sur d'autres, nous sommes toujours sur cette ligne de crête entre le fait de devoir activer des mesures sanitaires de protection et en même temps de permettre à la vie du pays de continuer parce que sinon on va aussi vers un effondrement d'un autre pan de notre de notre vie collective."

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