Covid-19 : en France, "la situation est vraiment mauvaise", s'inquiète l'épidémiologiste Catherine Hill

L'épidémiologiste et biostatisticienne estime jeudi 17 septembre sur franceinfo qu'il pourrait y avoir un nouveau pic de l'épidémie dans sept à huit semaines.

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Radio France
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Catherine Hill, épidémiologiste, le vendredi 12 juin 2020 sur franceinfo. (FRANCEINFO)

Les solutions à adopter face à la reprise de l'épidémie de Covid-19 en France divisent le monde médical. 227 000 personnes sont mortes et le nombre de cas quotidiens est désormais supérieur au nombre de cas enregistré en avril dernier. Pour Catherine Hill, épidémiologiste et biostatisticienne interrogée par franceinfo jeudi 17 septembre,"le nombre de cas augmente parce qu'on fait plus de tests".

Elle préfère surveiller les nouvelles hospitalisations ainsi que les admissions en réanimation, des indicateurs "beaucoup plus solides", selon elle. Elle s'inquiète de voir augmenter le nombre d'admissions en réanimation : "On en est aujourd'hui à 73 par jour, mais je pense qu'on en sera à 200 par jour dans quelques semaines et à 600 par jour dans sept à huit semaines". Lors du pic de l'épidémie, il y avait 691 nouveaux cas en réanimation par jour, "dans huit semaines, on peut se retrouver dans la situation du pic de l'épidémie". Pour cette épidémiologiste, "la situation est vraiment mauvaise".

La France "ne cherche pas à trouver les cas asymptomatiques"

Concernant la proposition du conseil scientifique de placer à l'isolement pendant sept jours les personnes positives, Catherine Hill est dubitative, notamment en ce qui concerne les cas-contacts : "Évidemment, si l'on attend que quelqu'un soit symptomatique, aille se faire tester, aie les résultats du test, à ce moment là, ce n'est plus la peine de l'isoler parce qu'il n'est déjà plus contagieux." Elle critique le fait que la France "ne cherche pas à trouver les cas asymptomatiques", selon elle, "le cafouillage est total".

Selon Catherine Hill, il faut "séparer les tests" afin de gagner en efficacité. "Il faut réserver les test PCR aux gens qui sont symptomatiques, à leurs contacts et au personnel des hôpitaux, aux gens qui travaillent dans les EHPAD, les populations prioritaires." Les tests antigéniques, plus rapides, devraient d'après elle être réservés à la population générale afin de rapidement repérer les contacts et les isoler. "Il faut les isoler vite", insiste-t-elle. La biostatisticienne regrette que l'effort français se soit concentré sur les tests PCR.

On n'a pas les moyens de tester dix millions de personnes par semaine. Avec des tests PCR, on arrive péniblement à tester un million, et encore, dans des conditions catastrophiques.

Catherine Hill

à franceinfo

Les délais importants pour obtenir un rendez-vous et un résultat rend par ailleurs une partie des tests inutile. "On est en train de jeter l'argent par les fenêtres", insiste-t-elle. Elle regrette surtout qu'il soit difficile de mettre en place rapidement d'autres types de tests qui sont pourtant en cours dans d'autres pays : "je pense que la bureaucratie de la santé nous étouffe".

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