Covid-19 : calendrier, public prioritaire, gratuité... Ce qu'il faut retenir de la stratégie vaccinale envisagée par le gouvernement

"La vaccination sera gratuite pour tous", a annoncé le Premier ministre, jeudi, en détaillant la stratégie vaccinale du gouvernement, déployée dès janvier 2021 pour les premiers publics en France.

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Le Premier ministre Jean Castex lors de la présentation de la stratégie vaccinale de la France, à  Paris, le 3 décembre 2020. (FRANCEINFO)

"Le début de la vaccination est désormais une question de semaines." Le Premier ministre, Jean Castex, a présenté, jeudi 3 décembre, la stratégie vaccinale du gouvernement pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Emmanuel Macron avait déjà tracé les grandes lignes du plan de vaccination lors de son allocution du 24 novembre. Jean Castex et trois membres du gouvernement (Olivier Véran, ministre de la Santé, Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l'Industrie, et Clément Beaune, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes) en ont précisé les modalités et le calendrier. Franceinfo revient sur les principales annonces et recommandations gouvernementales.

Une vaccination "gratuite pour tous", 200 millions de doses pour la France

"La vaccination sera gratuite pour tous", a annoncé le Premier ministre. Au total, "la France disposera d'un potentiel de 200 millions de doses", a indiqué Jean Castex. Cela permettra de vacciner 100 millions de personnes, car "les vaccins nécessitent deux injections à quelques semaines d'intervalle", a-t-il précisé. "C'est plus que nos besoins", a concédé Jean Castex, mais "c'est la marge de sécurité que nous prenons""Avoir les quantités suffisantes" est un "premier objectif", a souligné le chef du gouvernement.

Une campagne de vaccination en trois phases 

Dès janvier 2021. "Tout le monde ne pourra pas se faire vacciner immédiatement", a prévenu Jean Castex. La "phase 1" de la stratégie de vaccination du gouvernement débutera en janvier (sous réserve du feu vert des autorités sanitaires). "Dans son avis publié lundi, la Haute Autorité de santé (HAS) a établi un ordre très précis des populations à vacciner : d'abord les personnes âgées en établissement, notamment les Ehpad, a poursuivi le chef du gouvernement. A la fois les résidents, et les personnels y travaillant lorsque ces derniers sont à risque de développer une forme grave de la maladie, par exemple lorsqu'ils sont diabétiques."

"Cela représente environ un million de personnes, ce qui correspond aux quantités de vaccins qui nous seront livrées au cours du premier mois", a ajouté Jean Castex.

De février au printemps 2021. La "phase 2" du plan de vaccination envisagé par l'exécutif commencera dès février et "s'étendra jusqu'au printemps". "Au fur et à mesure des livraisons, nous élargirons le périmètre de la vaccination en commençant par les près de 14 millions de personnes présentant un facteur de risque lié à l'âge ou une pathologie chronique, et ainsi que par certains professionnels de santé", a indiqué Jean Castex. Cet élargissement progressif est prévu aux personnes de plus de 75 ans, puis aux plus de 65 ans, puis aux plus de 50 ans et aux professionnels de santé "entre février et mars".

A partir du printemps. La "phase 3" suivra aussitôt avec "l'ouverture à l'ensemble de la population". Les publics prioritaires de cette étape sont les personnes âgées de 50 à 64 ans, les professionnels de secteurs essentiels, les personnes vulnérables et précaires et les personnes qui les prennent en charge, les personnes vivant dans des lieux confinés, clos, a détaillé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Trois grands principes de vaccination

La vaccination suivra trois principes, a souligné le ministre de la Santé, Olivier Véran : "le libre choix des patients, la gratuité des vaccins, la sécurité". "La vaccination se fera dans le respect des règles", a-t-il insisté.

Un engagement en faveur de la pédagogie et de la transparence

"Avant même de nous immuniser contre le coronavirus, nous devons nous immuniser contre les peurs", a déclaré le ministre de la Santé, à propos des appréhensions relatives au vaccin. Selon un récent sondage Ipsos, seulement 54% de la population envisage de se faire vacciner contre le Covid-19, ce qui fait de la France l'un des pays européens les plus rétifs à la vaccination. "Le vaccin contre la peur, c'est la connaissance et c'est la bonne compréhension, a poursuivi Olivier Véran. Je m'engage tout au long de la campagne vaccinale à ce que nous fassions preuve de la transparence la plus totale sur l'efficacité du vaccin, l'acceptabilité par la population, l'évolution des recommandations scientifiques et médicales, l'organisation pratique de la campagne, les éventuels effets indésirables, qu'ils soient graves ou bénins."

"Nous porterons une attention de chaque instant à ce que vous disposiez du même niveau d'information que nous."

Olivier Véran, ministre de la Santé

lors d'une conférence de presse

"Il faut que nous soyons les plus nombreux possibles à nous faire vacciner", a invité Jean Castex. "Se faire vacciner, c'est se protéger face à un virus dont nous connaissons maintenant la dangerosité et la contagiosité. Mais se faire vacciner, c'est aussi protéger les autres. C'est un acte altruiste", a-t-il déclaré.

"Ce n'est qu'au terme d'un effort collectif important que nous pourrons atteindre un niveau de protection immunitaire suffisant pour retrouver une vie sociale, économique, éducative, culturelle, sportive, normale", a avancé le locataire de Matignon.

Une chaîne de production des vaccins sécurisée en Europe

"Nous nous sommes employés à sécuriser industriellement notre approvisionnement, a confirmé Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l'Industrie. Pour cela, nous avons obtenu que la production des vaccins soit assurée quasi-intégralement sur le sol européen et notamment en France (...) Notre approche est européenne et les entreprises présentes en France doivent pouvoir contribuer à cet objectif de sécurisation de la production des doses."

L'immunologiste Alain Fischer nommé "Monsieur vaccin" de l'exécutif

Médecin et docteur en biochimie, spécialiste de génétique, d’immunologie et de pédiatrie, Alain Fischer a été désigné par l'exécutif pour conduire la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France. Agé de 71 ans, il a effectué une partie de sa carrière au sein de l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris. Il est également membre de l'Académie des sciences depuis 2002 et de l'Académie de médecine depuis 2011.

La création d'un conseil d'orientation de la stratégie vaccinale

Ce conseil sera créé auprès du ministère des Solidarités et de la Santé, a annoncé le Premier ministre. Il inclura des experts scientifiques, des représentants de collectivités et d'associations de patients. L'instance sera dirigée par Alain Fischer.

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