Couvre-feu dans cinq départements du Grand Est : "C'est absolument nécessaire", selon le président de la région Jean Rottner

Jusqu'alors plutôt épargnée par la deuxième vague, la région Grand Est voit l'épidémie grandir dans ses territoires. 

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Radio France
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Jean Rottner le 28 juin 2020.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi 22 octobre des mesures complémentaires pour essayer d'endiguer l'épidémie de Covid-19. La plus emblématique est l'application du couvre-feu dans 38 départements supplémentaires, dont cinq dans la région Grand Est (l'Aube, la Marne, les Ardennes, le Bas-Rhin et la Meurthe-et-Moselle). "Ces mesures doivent être prises pour freiner, pour ralentir, pour diminuer cette épidémie", a déclaré Jean Rottner, le président de la région vendredi sur franceinfo. "C'est absolument nécessaire", a-t-il ajouté.

La situation se dégrade dans le Grand Est 

Alors que la région était jusqu'alors plutôt épargnée par la deuxième vague, "les chiffres sont implacables et on les voit progresser maintenant depuis quelques semaines", a expliqué Jean Rottner. La situation se dégrade "dans de grandes métropoles comme Reims, comme Strasbourg, mais aussi nombre de territoires plus ruraux comme les Ardennes".

"On a été particulièrement protégé depuis la remontée", reconnaît Jean Rottner qui attribue cette remontée plus lente de l'épidémie dans sa région au lourd tribut payé en mars dernier. "En Alsace et en Moselle, les gens ont encore en souvenir le bruit des hélicoptères. Chacun d'entre nous a perdu quelqu'un, un proche, un collègue, poursuit le président de la région. Et donc, les mesures ont été particulièrement observées. Sur l'ouest de la région, du côté de la Champagne, on a peut-être des phénomènes aussi d'allers-retours avec la région parisienne, de concentration étudiante également, qui font qu'aujourd'hui, on en paye le prix."

"Ne soyons pas trop gaulois" 

Même si la situation est moins inquiétante dans les campagnes, Jean Rottner a estimé que "c'est un effort collectif" et "qu'il ne faut pas se poser la question de savoir où l'on est". Il a invité ses administrés à accepter les nouvelles règles comme le couvre-feu : "Ne soyons pas trop gaulois, acceptons-la ! Restons très humble parce que cette épidémie, cette maladie aujourd'hui, on ne la maîtrise pas."

Jean Rottner s'est montré optimiste sur la capacité des hôpitaux du Grand Est à faire face sur le court terme : "Les services partout dans la région aujourd'hui ne sont pas encore particulièrement tendus, mais on doit simplement s'y apprêter", a-t-il prévenu. "Dans 15 jours, trois semaines, je pense qu'il commencera à y avoir un frémissement hospitalier et c'est le service de réanimation qui devrait commencer à être un peu plus chargé qu'actuellement".

Jean Rottner, médecin de profession, a déploré que l'on "coure déjà un petit peu derrière" le virus, "peut-être par suffisance. Peut être parce que cet été, les choses ont été relâchées pour beaucoup d'entre nous. Nous aurions peut-être collectivement dû être plus responsables", a-t-il conclu.

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