Coronavirus : pour sortir Paris du confinement, "la priorité est de tester le plus vite tout le monde" pour Emmanuel Grégoire

Le premier adjoint à la maire de Paris souhaite que les habitants de la capitale soient testés au Covid-19 afin d'envisager un déconfinement progressif. La municipalité réfléchit à des solutions pour l'après-confinement.

L\'esplanade du Trocadéro et la Tour Eiffel, à Paris.
L'esplanade du Trocadéro et la Tour Eiffel, à Paris. (STÉPHANE MILHOMME / RADIOFRANCE)

Pour sortir du confinement, "la priorité est de tester le plus vite tout le monde", a affirmé mercredi 8 avril sur franceinfo Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la maire de Paris, alors que la maire Anne Hidalgo a formulé dix propositions au Premier ministre pour sortir Paris du confinement. "C'est le seul moyen d'engager un déconfinement", souligne Emmanuel Grégoire. 

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La mairie de Paris parle de "gestion du confinement", car il va être "extrêmement long", précise le premier adjoint. Il faudra le desserrer "très progressivement et de façon méthodique". La mairie de Paris va "prioriser car il n'y a pas assez de tests". La ville va commencer par les Ephad, pour ensuite "le généraliser aux agents du service public, pour s'assurer qu'il sont en bonne santé et qu'il ne représentent pas de danger pour les autres".

Des hébergements isolés pour les malades

La Ville de Paris propose également la mise en quarantaine des malades du Covid-19 en organisant leur hébergement. "Ce n'est pas la mairie seule" qui va mettre en place ces hébergements, précise Emmanuel Grégoire. "La situation est absurde. Les gens qui sont malades, vont, en rentrant chez eux, engager des contamination intrafamiliales." L'élu estime "impératif que, quand quelqu'un est malade, on puisse le protéger et protéger le risque de contamination". A Paris, "on a des dizaines de milliers de chambres qui sont vides", fait remarquer Emmanuel Grégoire. "Comme il n'y a pas de touristes, on peut organiser la mise à l'abri de ceux qui sont malades."

Equiper l'espace public

La clé du dispositif proposé par la mairie de Paris "est d'engager, le plus vite possible, un testing de dimension industriel", détaille le premier adjoint. "Ce n'est pas que Paris. Ce sera d'abord les grande zones urbaines et ensuite les zones rurales. Tout devra être engager en même temps. Cela prendra du temps." Il ajoute que l'on devra "s'équiper et s'habituer à avoir une autre relation à l'espace public et aux autres". La Ville de Paris travaille déjà "à l'équipement massif de l'espace public en gel hydroalcoolique ou en lieux pour se laver les mains, de façon à ce que de façon très naturelle, on puisse se laver les mains" en sortant d'un magasin ou des transports.

Le confinement n'est toujours pas parfaitement respecté

Enfin, Emmanuel Grégoire est revenu sur les restrictions mises en place à Paris, et notamment l'interdiction de faire une activité physique en journée. L'interdiction du jogging en journée "est un moyen de détendre les effets de pics de fréquentation de l'espace public en fin de matinée et en après-midi". Mais il observe encore "des rassemblements et des points de vulnérabilité".

"Il est impératif de coudre les trous dans le filet", insiste Emmanuel Grégoire. Le confinement, "cela ne fonctionne que s'il y a un consentement citoyen. Il faut doser, il faut de la pédagogie. Il ne faut pas que cela repose sur de la contrainte mais sur une forme de servitude volontaire. C'est essentiel, sinon la cocotte-minute sautera".