Coronavirus : pour Jérôme Salomon, "il faut se préparer à une reprise de l'épidémie, voire à une deuxième vague" en France

"Ce sont essentiellement nos comportements qui conditionnent la reprise épidémique", rappelle le directeur général de la santé dans un entretien au "Figaro".

Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, le 2 juin 2020 à Paris. 
Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, le 2 juin 2020 à Paris.  (JOEL SAGET / AFP)

"Il faut se préparer", prévient-il. Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, estime, dans un entretien au Figaro mercredi 8 juillet, qu'une "reprise de l'épidémie" de Covid-19 "voire une deuxième vague" est possible en France "cet automne ou cet hiver"

"Nous ne savons pas tout sur le comportement saisonnier de ce virus qui circule toujours", rappelle le n°2 du ministère de la Santé. "Tous les services de l'Etat, les professionnels, les acteurs de terrain sont mobilisés pour gérer les clusters actuels et anticiper un rebond épidémique cet automne ou cet hiver", ajoute-t-il dans cet entretien, pour lequel ses réponses ont été envoyées par écrit. "Ce sont essentiellement nos comportements qui conditionnent la reprise épidémique", souligne-t-il.

Si nous voulons éviter cela, il faut que chacune et chacun continue de respecter les mesures barrières, les mesures d'hygiène, la distanciation physique et le port du masque, surtout en situation de promiscuité et dans un espace clos.Jérôme Salomon, directeur général de la santédans un entretien au "Figaro"

"Si la situation se dégrade à nouveau, nous avons à disposition plusieurs mesures de gestion du risque", assure Jérôme Salomon. "L'information locale, la protection des plus fragiles, le renforcement des mesures barrières, envisager des mesures de limitation des déplacements, par exemple, énumère-t-il. La réponse, comme depuis le début, devra être proportionnée à la gravité de la menace et évaluée en fonction des connaissances et de la situation locale."

Les opérations de dépistage "vont être amplifiées" 

Actuellement, la France réalise "près de 300 000 tests PCR par semaine et en a effectué 2 millions depuis le déconfinement", ce qui permet d'avoir "un bon indicateur de l'évolution de l'épidémie" (le taux de positivité de ces tests), poursuit le directeur général de la santé. 

"Pour la semaine du 22 juin, hors Guyane (où l'épidémie s'accélère)[le taux de positivité] est de 0,94%, ce qui signifie que nous testons en moyenne 107 personnes par cas positif", explique Jérôme Salomon. "En Guyane, plus de 7 000 tests par semaine sont réalisés et le taux de positivité est très élevé, autour de 20%, ce qui correspond à cinq personnes testées pour une positive", dit-il.

Selon lui, les opérations de dépistage "vont être amplifiées tout au long de l'été au plus près des activités de nos concitoyens". "Nous envisageons également d'organiser des opérations de porte-à-porte", annonce-t-il.