Coronavirus : "Pendant une année, il faudra accepter de travailler jusqu’à 37 heures par semaine", estime Bruno Retailleau

Le président du groupe Les Républicains au Sénat assure que les Français devront travailler plus pour compenser l'impact économique de l'épidémie de coronavirus. 

Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, dans la cour de l\'Élysée, le 5 février 2019. 
Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, dans la cour de l'Élysée, le 5 février 2019.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Pour faire face à la crise économique engendrée par l'épidémie de coronavirus, pendant un an, "il faudra accepter de travailler jusqu'à 37 heures par semaine, c'est-à-dire aux alentours de 1 700 heures à l'année avec un quota d'heures supplémentaires autour de 300 heures", estime ce mercredi 22 avril sur France Inter, Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat. "La croissance, il faudra aller la chercher" et cela passe par "se retrousser les manches pour pouvoir travailler plus et donc gagner plus".

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"On perd environ deux milliards d'euros par jour et cette destruction de richesses va durer", ajoute le sénateur LR de Vendée. "Je ne pense qu’avant au moins 10 ans, on ne retrouvera pas le niveau de richesse actuelle."

Face à cette crise économique, le deuxième budget rectificatif du gouvernement, que le Sénat a commencé à examiner mardi, "prend la mesure des dégâts", qui sont "autour de 10% de croissance en moins", estime Bruno Retailleau. Mais "il faut que le gouvernement, par exemple sur les amendements, puisse nous écouter", ajoute le sénateur. "Par exemple on ne veut pas s'en tenir à une prime dans le privé, on veut des heures supplémentaires défiscalisées", précise-t-il.

On demande aussi, pour les secteurs qui ne reprendront pas au 11 mai, que le report des charges fiscales et sociales se transforme en annulation d'impôts ou de cotisations. Il vaut mieux sacrifier l'impôt d'aujourd'hui pour avoir celui de demain.Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénatà franceinfo

Bruno Retailleau demande enfin que les dons des particuliers soient défiscalisés et que le plafond soit augmenté, car "il n'y a pas que l'État qui doit faire un effort".

Une "vraie stratégie" pour le déconfinement et la réouverture des écoles

Emmanuel Macron a fixé la date du 11 mai pour débuter le déconfinement en France mais cette date "n'est tenable" qu'à certaines conditions, estime Bruno Retailleau. Pour l'instant, "nous ne sommes pas prêts car le gouvernement n'a pas encore compris l'ampleur de cette pandémie. Si on veut lutter efficacement, si on veut sortir du confinement, il nous faut une stratégie autrement plus offensive", assure Bruno Retailleau. Et cela passe par deux choses selon lui : "généraliser les masques" et "mettre en place une stratégie de dépistage massif".

Le 11 mai, c'est également la date prévue pour la rentrée d'une partie des élèves. Un retour progressif étalé sur trois semaines mais qui pose la question d'une "stratégie sanitaire", selon le sénateur de Vendée. "On doit pouvoir reprendre l'école progressivement. Mais est-ce qu'on va équiper les enfants de masques, quel sera le suivi épidémiologique ?", se demande Bruno Retailleau.

Il aurait fallu ouvrir les écoles non pas en fonction des niveaux, mais en fonction des régions de la circulation du virus. Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénatà franceinfo

Le sénateur estime aussi que cette mesure, annoncée par Jean-Michel Blanquer mardi 21 avril, aurait dû se faire en consultation avec les collectivités locales. "Il y a des régions où ça peut être dangereux, d'autres régions où c'est beaucoup, beaucoup moins dangereux." Pour les parents qui ont des maladies chroniques, Bruno Retailleau déconseille le retour à l'école des enfants. "Il ne faut plus réfléchir de façon binaire", selon lui.