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Coronavirus : "On sent une pression moindre, une décrue", rapporte le professeur Olivier Langeron de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil

"Nous n'avons surtout quasiment plus d'admissions en réanimation", se réjouit-il prudemment.

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Radio France
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L'hopital Henri Mondor à Créteil (Val-de-Marne). (LUC NOBOUT / MAXPPP)

"On sent une pression moindre, une décrue" de l'épidémie de coronavirus, a expliqué dimanche 17 mai sur franceinfo le professeur Olivier Langeron, chef du service anesthésie et réanimation de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil. L'Île-de-France est passée sous la barre des 1 000 patients en réanimation, précise-t-il. Mais le professeur reste attentif à une éventuelle deuxième vague : "On attend les effets du déconfinement, le comportement d'aujourd'hui impactera l'épidémie dans 10-12 jours".

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D'après le dernier bilan quotidien, la France a enregistré 96 nouveaux décès du Covid-19 en 24 heures et le nombre de patients en réanimation continue de baisser. Ressentez-vous cette pression moindre dans votre établissement ?

Pr Olivier Langeron : Nous n'avons surtout quasiment plus d'admissions en réanimation. Il y a toujours des patients en réanimation, ce sont les patients qu'on a pris en charge il y a plusieurs jours. On est passés sous le seuil des 1 000 patients en réanimation le 12 mai, on était montés au plus fort de la crise à 2 700 patients en réanimation pour l'Île-de-France, donc oui on sent cette pression moindre, une décrue. Maintenant, on attend les effets du déconfinement, il est important de rappeler que le comportement d'aujourd'hui impactera l'épidémie dans 10-12 jours. Ce sera important de ne pas repartir dans une phase épidémique comme on l'a connu la première fois.

D'ici à ce que la région Île-de-France passe en vert sur la carte du déconfinement, il peut se passer encore beaucoup de semaines ?

Oui, on est très attentifs, il y a des données épidémiologiques qui nous alerteront, comme les appels au Samu et les arrivées aux urgences. L'idée c'est de prévenir, avec ces indicateurs, pour prendre des mesures et adapter l'offre de soin, comme on l'a fait la première fois en urgence. Ces indicateurs nous permettront d'anticiper cette éventuelle remontée.

Il y a quelques comportements post-confinement qui nous laisse penser qu'on peut être inquiets.

Professeur Olivier Langeron, chef du service anesthésie et réanimation de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil

à franceinfo

Déconfinement ne veut pas dire faire n'importe quoi, il faut toujours répéter les mesures barrières. Ce comportement citoyen, ce civisme fera que nous n'aurons pas dans quelques jours à subir une remontée de l'épidémie, le comportement d'aujourd'hui impactera l'épidémie de demain.

L'apparition récente de nouveaux foyers de contamination, surtout dans des zones vertes, cela vous inquiète ?

C'est la preuve qu'il ne faut pas relâcher la vigilance, c'est aussi dû au phénomène "quand on cherche on trouve", ça fait partie des points de vigilance que le ministère de la Santé a mis en place. Et puis c'est le témoin d'une transmission mécanique liée peut-être au déconfinement. Ces phénomènes sont attendus, c'est juste l'amplitude de ces phénomènes qu'il faudra maîtriser, et surtout avoir la plus grande vigilance pour ne pas que cela se propage encore plus.

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