Coronavirus : "On n'a pas eu véritablement de consignes claires du ministère de la Santé", regrettent les Ehpad

Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat National des Établissements et Résidences Privés pour Personnes Âgées (Synerpa), souhaite "des directives claires" du ministère. 

Photo d\'illustration. Une salle d\'une maison de retraite française en 2018. 
Photo d'illustration. Une salle d'une maison de retraite française en 2018.  (LIONEL VADAM /PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPP)

"On n'a pas eu véritablement de consignes claires du ministère de la Santé", regrette vendredi 28 février sur franceinfo Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat National des Établissements et Résidences Privés pour Personnes Âgées (Synerpa). Elle assure que les Ehpad on reçu un guide "mais général" et que "ce guide est insuffisant" avec le développement du coronavirus Covid-19 en France. Florence Arnaiz-Maumé recommande aussi de ne pas visiter un Ehpad si on vient d'une zone à risque ou qu'on est un peu malade.

>> Suivez l'évolution de l'épidémie de coronavirus dans notre direct

franceinfo : Quelles sont les consignes que vous avez reçues ?

Florence Arnaiz-Maumé : "On a reçu, fin janvier, un guide, mais général, qui angle sur tous types de prise en charge, aussi bien sanitaire que médico-sociale. Mais en médico-social et en personnes âgées, ce guide est insuffisant. On s'en rend compte aujourd'hui. Depuis que le virus est arrivé en Italie, on n'a pas eu véritablement de consignes claires du ministère de la Santé et des Agences régionales de santé, pour des directives claires. Les Ephad étaient déjà en alerte grippe, donc ils étaient déjà en mesure barrière [une série de gestes et de protocoles pour limiter la transmission de maladie infectueuses]. On sent une hétérogénéité des pratiques. Certains ont mis des mesures barrières légères tandis que d'autre commencent déjà à faire une vraie entrée unique avec registre des entrées et des sorties, avec un protocole obligatoire de lavage des mains. On est sur deux façons de faire. C'est ce qu'on demande à l'Etat aujourd'hui, quelle est la ligne en phase 1, que doit-on faire et que doit-on préparer pour la phase 2 ? On est en branle-bas de combat pour préparer tout ça, mais on a besoin de mesures claires."

Quelles mesures avez-vous mises en place ?

"On limite les sorties, les mesures barrières sont mises en place, les vérifications de stock. Un sujet absolument prioritaire, dont on a fait état hier au gouvernement, c'est vraiment l'accès prioritaire aux masques. Aujourd'hui, il y a une pénurie qui n'était pas prévue, qui n'a pas été anticipée par nos fournisseurs. Maintenant, il va falloir donner en priorité ces masques à ceux qui en ont le plus besoin. Ce sont les personnels de santé. Nous considérons que les Ehpad et les services à domicile à la personne fragile doivent être équipés en priorité."

Quelle est la marche à suivre en cas de coronavirus dans un Ehpad ?

"On a eu un guide qui nous le précise. Il faut d'ores et déjà que les directeurs et les directrices anticipent en prévoyant une mise en quarantaine si besoin d'un résident qui serait touché. On doit, comme pour tout le monde, ne pas aller aux urgences et appeler le 15, et surtout mettre la personne en confinement. Il faut travailler les circuits d'air, puisqu'on sait que par les climatisations il y a des risques. On est déjà dans cette deuxième phase qui est d'encourager les Ehpad à commencer à réfléchir à "je fais quoi si un cas se détecte ?" Si on a un cas, ça sera : mesure de confinement d'une personne et après, on verra progressivement. On a des adhérents qui sont implantés en Chine, qui depuis trois mois gèrent cette question-là. En Chine, des Ehpad ont dû vivre en autarcie, avec des personnels qui dormaient sur place. Là encore, la difficulté majeure a été l'achalandage en masque et en gel hydroalcoolique. C'est ça qu'il faut surveiller. Il ne faut pas gaspiller. Il ne faut pas gâcher. Il faut vraiment distribuer au gré de l'évolution de la maladie."