Coronavirus : Novartis arrête son étude sur l'hydroxychloroquine, faute de participants

Ces essais cliniques de phase III visaient à évaluer l'utilisation de ce traitement auprès d'environ 440 malades du Covid-19, sur une dizaine de sites aux Etats-Unis.

De l\'hydroxychloroquine, un médicament antipaludéen, présenté dans une pharmacie de Provo, dans l\'Utah (Etats-Unis), le 27 mai 2020. 
De l'hydroxychloroquine, un médicament antipaludéen, présenté dans une pharmacie de Provo, dans l'Utah (Etats-Unis), le 27 mai 2020.  (GEORGE FREY / REUTERS)

Le géant pharmaceutique suisse Novartis a annoncé, dans un communiqué publié vendredi 19 juin, qu'il mettait fin à son essai clinique avec l'hydroxychloroquine pour traiter des personnes malades du Covid-19, en raison du manque de participants.

Le 20 avril, le groupe avait annoncé avoir conclu un accord avec l'agence américaine des médicaments, la Food and drug administration (FDA), pour procéder à des essais cliniques de phase III de l'hydroxychloroquine sur des malades du Covid-19 hospitalisés. Ces essais visaient à évaluer l'utilisation de ce traitement auprès d'environ 440 malades, sur une dizaine de sites aux Etats-Unis.

Mais le 15 juin, les autorités sanitaires américaines ont retiré l'autorisation d'utiliser en urgence deux traitements contre le Covid-19, la chloroquine et l'hydroxychloroquine, un temps défendus par le président américain Donald Trump. La FDA avait donné, le 28 mars, son feu vert pour que ces traitements antipaludéens soient prescrits, uniquement à l'hôpital, à des patients contaminés par le nouveau coronavirus.

Controverses et interdictions

Dans son communiqué, Novartis explique avoir pris "la décision d'arrêter et de mettre fin à l'essai clinique avec l'hydroxychloroquine contre le Covid-19 qu'elle parraine en raison de graves difficultés de recrutement" de participants, rendant "impossible" la finalisation de l'étude.

Le groupe précise qu'au cours de l'étude, "aucun problème de sécurité n'a été signalé", et qu'elle n'a pas permis "de tirer des conclusions sur l'efficacité" de l'hydroxychloroquine contre le nouveau coronavirus.

L'usage de l'hydroxychloroquine a largement débordé du domaine scientifique, pour devenir à travers le monde l'objet d'un débat politique clivant dans l'opinion publique. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a renoncé cette semaine aux essais sur ce traitement, arrivant à la conclusion que cet antipaludéen ne réduisait pas le taux de mortalité des malades du Covid-19 hospitalisés. La France, où un médecin controversé, le Pr Didier Raoult, a défendu l'hydroxychloroquine, en a banni l'usage le 28 mai contre le Covid-19.