Coronavirus : "Nous ferons tout" pour que l'application Stopcovid soit prête le 11 mai, déclare le secrétaire d'État au Numérique

Selon Cédric Ô, l'application respecte "l'ensemble du droit des règlements et des valeurs françaises, non pas de la situation d'état d'urgence, mais de l'état normal".

Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique, affirme que la future application Stopcovid \"sera respectueuse de nos libertés\".
Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique, affirme que la future application Stopcovid "sera respectueuse de nos libertés". (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Nous ferons tout" pour que l'application Stopcovid soit prête le 11 mai, a déclaré, vendredi 17 avril sur franceinfo, Cédric Ô, le secrétaire d'État chargé du Numérique. Un peu plus tôt dans la journée il avait expliqué, devant la commission des affaires économiques nationales, ne pas être certain que l'application de traçage numérique soit prête pour le début du déconfinement. Cette future application "sera respectueuse de nos libertés", répète le représentant du gouvernement.

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"Nous ferons tout pour être prêts, mais nous ne pouvons pas garantir que nous serons prêts pour le 11 mai", explique Cédric Ô. "Développer une telle application, cela a des implications techniques qui sont très compliquées. Nous avons une équipe de plusieurs dizaines de personnes qui travaillent sur le sujet parmi les meilleurs Français pilotés par l'institut de recherche Inria.", affirme le secrétaire d'État chargé du Numérique. "C'est quelque chose que nous développons avec les Allemands, avec les Suisses, bientôt avec les Italiens et les Anglais. Et les meilleurs développeurs du monde sont sur le sujet."

Il nie toute collaboration avec Google et Apple

Cédric Ô tient à rassurer sur la sécurité des données des futurs utilisateurs de cet outil. "Cette application respecte toutes nos lois et toutes nos valeurs en termes de libertés publiques et de protection de la vie privée, argumente-t-il. Il n'y a aucune donnée qui est accessible, ni pour l'État, ni pour qui que ce soit. Le seul bénéfice, c'est que si vous avez croisé quelqu'un dans les jours précédents qui depuis s'est déclaré positif, l'application vous le notifiera, ce qui évitera que vous même vous puissiez contaminer d'autres personnes, notamment si vous êtes asymptomatique. Cela vous permettra d'aller vous faire tester pour pouvoir être certain de votre statut et éviter que vous soyez quelque part un vecteur de propagation de la maladie."

Interrogé sur les rumeurs d'une collaboration avec Apple et Google ou d'autres entreprises américaines qui pourraient fournir l'ingénierie, le représentant du gouvernement nie : "Je ne le confirme pas. Nous sommes en train de développer une solution souveraine avec les Allemands et les Suisses. Nous avons des discussions avec Apple et Google pour qu'ils facilitent les choses, mais les conditions dans lesquelles cette application sera déployée seront uniquement à la main des États souverains et nous ne céderons rien sur toutes les conditions."

Une utilisation "totalement volontaire"

"Nous nous engageons à ce que cette application soit totalement respectueuse de nos libertés. Le code sera d'ailleurs public. Tout le monde pourra vérifier que cette application fait bien ce qu'elle dit", insiste Cédric Ô. Il souligne également que rien n'obligerait à installer et utiliser cet outil. "Ce sera totalement volontaire. Vous installez l'application si vous le voulez, vous allez vous faire tester si vous le voulez", insiste le secrétaire d'État. Mais nous comptons bien évidemment sur la responsabilité individuelle et collective des Français."

Que répond-il aux parlementaires qui réclament un vote sur la mise en place de cette application, et non un simple débat parlementaire les 28 et 29 avril ? "Il n'y a besoin d'aucune modification législative. L'application telle qu'elle est conçue respecte l'ensemble du droit des règlements et des valeurs françaises, non pas de la situation d'état d'urgence, mais de l'état normal. Quelque part, il n'y a pas besoin de voter sur un texte", affirme le secrétaire d'État chargé du Numérique.