Confinement : "Pas le choix si on veut casser les chaînes de contamination et éviter des morts", selon le chef des urgences de l’hôpital Pompidou

Pour éviter que les gens ne tombent malades, "qu'ils restent chez", affirme mardi sur franceinfo Philippe Juvin, alors que les mesures de confinement pour lutter contre la propagation du coronavirus sont entrées en vigueur.

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Radio France
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Un homme portant un masque dans un train à Paris, le 17 mars 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

La priorité pour se protéger du coronavirus, c’est "le masque et le lavage de mains. Si vous devez choisir, c'est d'abord le lavage des mains", assure mardi 17 mars sur franceinfo Philippe Juvin, le chef du service des urgences de l’hôpital Pompidou, à Paris, alors que les Français sont priés de rester chez eux et de limiter leurs sorties au strict nécessaire. Pour lui, s’il y a des masques disponibles, il faut avoir le réflexe de porter un masque et savoir le porter.

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franceinfo : Est-ce qu’on a assez le réflexe de porter un masque ?

Philippe Juvin : C'est vraiment un sujet extrêmement général. Regardez la Corée du Sud, qui est un pays qui a été très affecté par plusieurs épidémies de coronavirus dans le passé. Eux ont pris des mesures drastiques et ils savent prendre en charge ces épidémies et tout le monde porte un masque. Donc moi, je crois qu'il faut porter des masques, évidemment. Il en faut beaucoup et il faut aussi les changer toutes les quatre heures. Il faut savoir le porter aussi. Il faut savoir l'utiliser. Le masque et le lavage de mains. Si vous devez choisir, c'est d'abord le lavage des mains, puis la distanciation par rapport à la personne avec laquelle vous travaillez.

Le confinement est-il la bonne solution ?

Oui, on n'a pas le choix. Enfin, on a toujours le choix, mais si on veut casser les chaînes de contamination et éviter des morts, il faut faire ce qui a été décidé. Le problème de cette maladie, c'est qu'elle est extrêmement contagieuse, beaucoup plus contagieuse d'ailleurs qu'on l'imaginait il y a encore quatre ou cinq semaines. La seule possibilité que nous avons, puisque nous n'avons pas de traitement et nous n'avons pas de vaccin, c’est d'éviter que les gens tombent malades. Donc, qu’ils restent chez eux.

Quinze jours pour commencer... Est-ce que cela va suffire ?

Il faut bien commencer. Vous savez, il y a plusieurs phases dans le confinement. La mise en œuvre est compliquée parce que toutes les habitudes sont bouleversées. Les effets sur l'économie sont aussi potentiellement dramatiques. Moi, je comprends la difficulté que le président de la République a à prendre de telles décisions. Il ne faut pas être ayatollah dans ses commentaires. Quinze jours, c'est bien. Je pense que ça ne suffira bien évidemment pas et qu'il faudra reconduire cette période peut-être une fois ou deux fois, voire trois fois. Christophe Castaner fait comme moi à l'hôpital : nous avons mis en place une organisation que nous modifions au fil de l'eau, en fonction de l'intensité de la menace, et c'est ce qu'il va faire. Et c'est bien d'avoir des gouvernants qui prennent des décisions fluides, adaptables. Le pire serait des décisions prises une fois pour toutes, comme parfois on a l'habitude de les prendre en France. Là, on est dans la fluidité, c'est parfait.

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