Coronavirus : La Poste va rouvrir des bureaux, les syndicats dénoncent un stock de 24,3 millions de masques "cachés"

Les syndicats estiment que les mesures de protection face au coronavirus restent insuffisantes.

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Des voitures de La Poste (illustration). (NICOLAS BLANZAT / FRANCE BLEU LIMOUSIN / RADIO FRANCE)

La Poste va progressivement rouvrir une partie des bureaux qu'elle a fermés depuis le 23 mars, en raison de l'épidémie de coronavirus. Il y aura 5 000 bureaux ouverts partout en France à la fin avril contre 1 850 actuellement. Un engagement pris mercredi par son PDG Philippe Wahl, auditionné au Sénat, qui a aussi promis le rétablissement de la distribution des journaux cinq jours par semaine dès la semaine prochaine.

Les syndicats dénoncent toutefois l'insuffisance des mesures de protection sanitaire des agents et un recours massif à la sous-traitance, pour pouvoir tenir les objectifs affichés. "On transfère le risque sur les sous-traitants", tonne la CGT. Le premier syndicat au sein de La Poste dénonce notamment le recours à 3 000 précaires qui utilisent leur propre voiture pour pouvoir livrer des journaux aux abonnés les lundi et mardi.

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Des masques stockés depuis l'épidémie de H1N1

Et surtout, le syndicat dément toute distribution massive de masques aux agents sur le terrain, comme l'indique pourtant la direction de l'entreprise publique. Celle-ci disposait en tout cas d'un stock de plus de 24 millions de masques chirurgicaux datant de 2009, à l'époque de l'épidémie de grippe H1N1.

C’est Sud-PTT qui a découvert le pot aux roses il y a quelques jours de façon fortuite, alors que beaucoup de salariés dénonçaient une absence de protection sanitaire qui a conduit à un droit de retrait massif et la fermeture des bureaux. Le syndicat dénonce dans un communiqué l'existence de masques "cachés" : "La Poste planque les masques pour ne pas être réquisitionnée". Yann Le Merrer, de Sud-PTT : "On a découvert que La Poste disposait de 486 000 lots de 50 masques en stock. Ça fait donc 24,3 millions de masques. Ils sont stockés à Brie-Comte-Robert, en Essonne. On est un peu tombé des nues car la plupart des postiers ne sont pas équipés."

Une distribution tardive et imparfaite

La Poste, de son côté, se défend de conserver ses stocks. La direction dit avoir offert des lots de masques à l’AP-HP, au ministère de l’Intérieur, ou encore à la RATP. Selon La Poste, la moitié environ des masques de protection seraient aujourd'hui arrivés dans les bureaux de poste ou les centres de tri, après avoir été réservés dans un premier temps aux seuls agents présentant des symptômes du coronavirus.

Yann Le Merrer, de Sud-PTT, dit avoir d’autres remontées du terrain : "Certains lots de masques sont arrivés dans des bureaux fermés. La Poste a utilisé la voie classique pour les faire parvenir au personnel alors qu’ils devraient être les premiers à savoir que le circuit normal postal ne fonctionne pas. Selon nos sources un certain nombre de masques sont partis mais pas arrivés à destination."

Cette politique interne a entraîné des milliers d'exercices du droit de retrait, selon la CGT et SUD-PTT. Faux, répond la direction, pour qui le phénomène est très marginal, et qui préfère saluer les 100 000 postiers toujours au travail aujourd'hui.

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