Coronavirus : le gouvernement présente StopCovid, son projet d'application pour tracer les contacts avec des malades

D'abord hostile à l'idée d'un traçage numérique, l'exécutif prépare désormais les esprits à un éventuel recours à cette technique qui permettrait de savoir si un utilisateur a croisé un porteur du virus.

Une femme consulte son smartphone, le 1er avril 2020, à Berlin (Allemagne).
Une femme consulte son smartphone, le 1er avril 2020, à Berlin (Allemagne). (EMMANUELE CONTINI / NURPHOTO / AFP)

L'outil fonctionnerait "sur la base du volontariat". La France travaille au développement d'une application sur smartphone pour identifier les personnes ayant été en contact avec une autre infectée par le coronavirus, affirment le ministre de la Santé, Olivier Véran, et le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, dans un entretien publié mercredi 8 avril dans Le Monde.

>> Suivez notre direct sur l'évolution de l'épidémie de Covid-19

Ce projet, baptisé StopCovid, vise à "développer une application qui pourrait limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission", explique Cédric O.

L'idée serait de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin de pouvoir se faire tester soi-même, et si besoin d'être pris en charge très tôt, ou bien de se confiner.Cédric Oau "Monde"

"Aucune décision n'est prise" sur un éventuel déploiement de cette application, sur laquelle planche l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) depuis plusieurs jours, assurent les deux hommes. "Nous ne travaillons que sur l'hypothèse d'une installation volontaire de l'application", qui pourra être "désinstallée à tout moment", assure Cédric O.

La Cnil "étroitement" associée au projet

Le projet s'appuie sur la technologie Bluetooth, qui permet à nos smartphones d'identifier des appareils à proximité (écouteurs, enceintes, imprimantes...) et non le recueil de données de géolocalisation. "L'application ne géolocalisera pas les personnes. Elle retracera l'historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure, ni transmettre aucune donnée, explique le secrétaire d'Etat. Lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l'un enregistre les références de l'autre dans son historique. Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique."

Selon Olivier Véran, StopCovid est "compatible avec le droit européen des données personnelles, avec des données anonymisées". "Personne n'aura accès à la liste des personnes contaminées, et il sera impossible de savoir qui a contaminé qui. Le code informatique sera public" et la Commission nationale de l'informatique et des libertés est "étroitement" associée aux travaux.

La sélection de franceinfo sur le coronavirus

• Infographies. Coronavirus : nombre de décès par département, âge des malades, réanimations… Visualisez l'évolution de l'épidémie en France et en Europe

• Décryptage. L'article à lire avant de fabriquer et porter un masque en tissu

• Analyse. La pandémie de coronavirus va-t-elle pousser l'espèce humaine à (enfin) respecter la biodiversité ?

• Santé. Le coronavirus peut-il aussi s'attaquer au cerveau et au cœur ?