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Coronavirus et personnes handicapées : sur la question du tri des malades à l’hôpital, "on reste en alerte", assure le président d’Handicaps

"Il y a toujours la question du tri, même si le mot n’est pas adapté", explique Arnaud de Broca, le président du collectif Handicaps. "On va conseiller à un adulte handicapé de rester en établissement plutôt que d’aller à l’hôpital" sauf que l'établissement en question n'est pas équipé pour traiter les cas graves.

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Radio France
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Les établissements accueillant les personnes handicapées ne sont pas équipés pour traiter les cas graves de coronavirus (illustration). (LIONEL VADAM  / MAXPPP)

"On reste en alerte", assure vendredi 10 avril sur franceinfo Arnaud de Broca, le président du collectif Handicaps qui regroupe 48 associations. Après l’annonce d’Olivier Véran sur un possible "tri" des malades à l’hôpital visant les personnes handicapées, il évoque "la manière dont on va conseiller à un adulte handicapé de rester en établissement plutôt que d’aller à l’hôpital" malgré le manque d’équipements pour les cas graves par exemple.

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Face au coronavirus, que constatez-vous sur le terrain aujourd’hui ?

C’est une situation qui remonte de toutes nos associations, à savoir le manque de matériel pour le personnel et les personnes handicapées. De plus en plus d’établissements ont des personnes malades ou malheureusement des décès. Après, il y a des choses qui se mettent en place mais la situation est très compliquée, notamment sur la question des équipements.

Certaines associations ont alerté sur des situations assez précises de patients handicapés qui se voyaient refuser des soins par exemple. Olivier Véran a assuré qu’il ne devait pas y avoir un tri des malades. Aujourd’hui, il n’y a plus de dérives de ce genre à signaler ?

Il y a toujours la question du tri, même si le mot n’est pas adapté. C’est en tout cas la manière dont on va conseiller à un adulte handicapé de rester en établissement plutôt que d’aller à l’hôpital, alors qu’en établissement il n’y a pas les dispositifs, les personnels, pour soigner des cas graves par exemple. On craint que ces cas-là perdurent et continuent à se développer. Donc on reste en alerte, même si l’on salue les annonces du ministre. C’était important d’affirmer que les personnes handicapées ont le droit aux mêmes soins que tout le monde.

À l’instar de ce qui se passe dans les Ehpad, vous demandez qu’il y ait un dépistage systématique dans les établissements qui accueillent et qui prennent en charge des personnes handicapées ?

Pas dans tous les établissements, mais je pense que dans certains, il est indispensable d’identifier qui est malade pour mieux organiser le confinement. Quand il y a seulement quelques cas, on peut organiser un confinement mais quand le nombre de cas devient plus important, ça devient beaucoup plus compliqué et les tests peuvent permettre de décider de ce confinement ou non.

Il y a des besoins spécifiques au secteur que vous représentez pour lutter contre le Covid ?

Une des problématiques que l’on rencontre avec le confinement des personnes handicapées, c’est effectivement la problématique des établissements mais aussi celle des personnes handicapées à domicile. Avec la même difficulté de trouver des équipements pour les kinés, les podologues, qui pourraient encore venir à domicile. Beaucoup ne viennent d’ailleurs plus, ce qui pose d’énormes difficultés pour les handicapés et les aidants familiaux qui doivent les accompagner.

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