Coronavirus : Olivier Véran "ne peut imaginer" qu'un "tri" des malades handicapés puisse exister

Le ministre réagissait samedi à des inquiétudes exprimées par le milieu associatif et médical, que les personnes handicapées puissent se voir refuser des soins hospitaliers si elles contractaient le Covid-19.

Le ministre de la Santé Olivier Véran lors d\'un point-presse à l\'Elysée, à Paris, le 24 mars 2020. 
Le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'un point-presse à l'Elysée, à Paris, le 24 mars 2020.  (LUDOVIC MARIN / POOL / AFP)

Le ministre de la Santé Olivier Véran a souligné, samedi 4 avril, que les personnes atteintes de handicap "doivent bénéficier des mêmes soins que le reste de la population", refusant même d'"imaginer" un "tri" des patients atteints de coronavirus, lors d'une conférence de presse. "Je ne peux pas imaginer que cette pratique existe", a insisté le ministre, qui s'exprimait par visioconférence avec la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel. 

Il réagissait à des inquiétudes exprimées par le milieu associatif et médical, que les personnes handicapées puissent se voir, du fait de leur handicap, refuser des soins hospitaliers si elles contractaient le Covid-19.

"Le handicap ne doit pas être un critère de refus de soins, que l'on parle d'une hospitalisation simple ou d'une réanimation. Je réagis ainsi à une polémique qui s'est faite jour, suite à la publication interne au sein d'une Agence régionale de santé, de documents qui émanaient d'une société française et qui auraient pu laisser penser que la présence d'un handicap psychique ou d'un handicap cognitif puisse constituer un frein à l'admission en réanimation de malades du Covid-19", a précisé Olivier Véran.

Des "remontées de terrain" inquiétantes 

Arnaud de Broca, président du Collectif handicaps, avait fait état vendredi de "remontées de terrain" nourrissant sa "forte inquiétude" que des personnes handicapées puissent se voir refuser des soins si elles contractaient le coronavirus.

Un médecin du Grand Est, qui a requis l'anonymat, avait indiqué de son côté avoir été choqué par l'e-mail d'un hôpital de proximité qui jugeait "nécessaire d'adopter une stratégie de prise en charge proportionnée", pour "maximiser les chances de survie des résidents pouvant potentiellement passer un cap", et "accompagner" (sans hospitaliser) "celles ou ceux qui malheureusement ne le passeront pas".