Coronavirus en Chine : "Il risque d'y avoir des conséquences très importantes pour le tourisme, la restauration, l'hôtellerie et le commerce"

Le politologue Jean-Philippe Béja estime que le tourisme international sera "extrêmement touché" par l'épidémie de coronavirus.

A Pékin, le 23 janvier 2020. La capitale chinoise a annulé les festivités du Nouvel an, en réponse à l\'épidemie de coronavirus. 
A Pékin, le 23 janvier 2020. La capitale chinoise a annulé les festivités du Nouvel an, en réponse à l'épidemie de coronavirus.  (NOEL CELIS / AFP)

"Il risque d’y avoir des conséquences très importantes pour le tourisme, la restauration, l’hôtellerie, le commerce", assure jeudi 30 janvier sur franceinfo Jean-Philippe Beja, universitaire, directeur de recherches au CNRS et politologue spécialiste de la Chine, au sujet de l'épidémie du Coronavirus 2019-nCoV. L'universitaire explique qu'en cette période du Nouvel An, "la plupart des Chinois ont des vacances, donc c’est un pic de tourisme". "400 millions de personnes se déplacent pour aller voir leur famille, notamment tous les travailleurs qui sont sur la côte et qui rentrent chez eux dans l’intérieur", précise-t-il. Jean-Philippe Béja ajoute "que le tourisme international sera extrêmement touché". "Le Sras, qui avait duré deux ou trois mois, avait coûté un point de PIB à la Chine, aujourd’hui se sera sans doute de cet ordre-là", indique-t-il.

Jean-Philippe Béja explique que pour l'instant, "les usines, notamment automobiles, sont fermées pendant environ un mois parce que les ouvriers sont originaires d’endroits différents de là où ils travaillent, donc ils rentrent chez eux pour le Nouvel An". Mais si l'épidémie se poursuit et empêche ces ouvriers de revenir, cela "risque d’avoir un impact sur la production industrielle de la Chine et des conséquences économiques importantes".

Interrogé sur le ressenti des Chinois face au coronavirus, l'universitaire affirme qu'il "y a une grande colère, parce que les gens estiment qu’ils n’ont pas été informés à temps". "On voit apparaître une méfiance à l’égard du pouvoir qui est en train de s’exprimer de plus en plus sur les réseaux sociaux", ajoute-t-il.