Coronavirus : chaque semaine de confinement fait perdre 2 à 3% de PIB aux pays de la zone euro, affirme Christine Lagarde

Pour autant, il n'est pas question d'annuler leur dette. La présidente de la Banque Centrale Européenne préconise "un remboursement graduel". 

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La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde et le ministre de l'Économie français, Bruno Le Maire discutent en marge d'un sommet européen, le 17 février 2020 à Bruxelles. (FRANCOIS WALSCHAERTS / AFP)

"L'économie française, les économies de la zone euro, pour chaque semaine de confinement, rétrécissent un peu, de 2 à 3% du PIB. Plus cela dure, plus le rétrécissement de l'économie est important", avance jeudi 9 avril sur France Inter la présidente de la Banque Centrale Européenne. Christine Lagarde ferme par ailleurs la porte à une éventuelle annulation de la dette des États, qui se sera creusée à l'issue de la crise du coronavirus. Par ailleurs, la patronne de la BCE annonce un vaste plan de refinancement des prêts, de l'ordre de 3 000 milliards d'euros, ciblé prioritairement pour les petites et moyennes entreprises.

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Des mesures de préservation de l'emploi et de soutien aux entreprises ont été prises lors de cette crise par les États. Ces mesures sont coûteuses. À la question de savoir si c'est tenable dans la durée, l'ex-ministre française répond qu'il le "faudra". "S'il faut rester confiné pendant deux mois, il faudra que le chômage partiel puisse soutenir les salariés pendant deux mois, il faudra que les entreprises puissent bénéficier de financements pendant deux mois", déclare-t-elle.

La dette des pays touchés par la crise va inexorablement exploser. Toutefois, la patronne de la BCE préconise un remboursement graduel de ces dettes, lorsque l'épidémie sera derrière nous : "Si on se met à resserrer tout de suite les politiques budgétaires et si on freine la croissance, on va retomber dans un écueil à éviter. Il faudra donc progressivement procéder à un remboursement des dettes (...) mais il ne faudra pas le faire de manière brutale." "Les pays de la zone euro vont engager 19% du PIB. Cet amortissement de la dette s'effectuera donc dans une durée longue", précise-t-elle.

"Pour l'instant, on se concentre sur le maintien de l'économie"

En revanche, Christine Lagarde ferme la porte à une annulation globale des dettes des pays de la zone euro. "Cela me paraît totalement impensable, tranche-t-elle, et ce n'est pas le moment de se poser la question. Pour l'instant, on se concentre sur le maintien de l'économie."

La BCE, avec l'ensemble des 19 banques centrales de la zone euro, ont également accepté de prendre et de refinancer des prêts sans plancher.

Autrefois on prenait des prêts au-delà d'un certain seuil. [Désormais] tous les prêts - ménages, petites et moyennes entreprises, grandes entreprises - tout est acceptable au refinancement.

Christine Lagarde, présidente de la BCE

à France Inter

"Et le gros paquet du refinancement, qui prendra toute son ampleur en juin et qui représente à peu près 3 000 milliards d'euros, sera particulièrement ciblé sur les petites et moyennes entreprises", annonce d'ores et déjà Christine Lagarde.

Enfin, Christine Lagarde s'est voulue rassurante sur plusieurs sujets. L'euro ne perdra pas de sa valeur, d'après la présidente de la BCE qui le juge "stable", l'inflation n'est pas un risque majeur et l'épargne déposée dans les réseaux bancaires traditionnels n'est pas menacée, parce que "les banques sont bien plus solides qu'elles ne l'étaient en 2008".

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