Restaurants fermés : "Cela devient compliqué moralement : on est des bêtes de guerre, on a besoin de travailler", plaide un restaurateur

Un an jour pour jour après l'annonce de la fermeture des restaurants, Sébastien Valdé, patron de la Table d'Angèle à Eguzon (Indre), revient sur l'année compliquée qui a suivi pour les restaurateurs. 

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Terrasse d'un restaurant fermé à Paris, le 12 novembre 2020. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Il y a un an jour pour jour, à 20 heures, [l'ancien Premier ministre] Edouard Philippe nous a dit 'Vous avez quatre heures pour fermer', on était un petit peu des magiciens sur ce coup-là", se souvient Sébastien Vadé, restaurateur de la Table d'Angèle à Eguzon (Indre). Invité de franceinfo dimanche 14 mars, il est revenu sur l'année qui s'est écoulée depuis l'annonce de la fermeture de tous les lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays, comme les restaurants, cafés et cinémas, le 14 mars 2020. 

Dans les mois qui ont suivi cette première fermeture, Sébastien Vadé explique "avoir eu un bel espoir en été, parce qu'on avait une météo relativement bonne. La clientèle était au rendez-vous car on est une région touristique, tout s'est très bien passé. Et puis, après il y a eu la fermeture totale des restaurants [en octobre] : ça devient compliqué, surtout au niveau du moral. Nous les restaurateurs, on est des bêtes de guerre, on a besoin de travailler : on a ça dans le sang, on a besoin d'adrénaline", plaide le restaurateur.

Il confie que les aides de l'Etat permettent de "rester à flot. Les finances restent cohérentes mais le problème, c'est la visibilité : on n'a pas de date prévue de réouverture. On est tous sur la date du 15 avril, mais bon, on voit les échéances un petit peu s'éloigner parfois", regrette-t-il.

Impatience des clients

Tous les salariés de Sbéastien Vadé ont été mis au chômage technique : "Tout le monde est à l'arrêt total. Je vais tous les jours au restaurant pour des petites bricoles à droite, à gauche, mais on en a marre : il faudrait qu'on cuisine". La situation compromet aussi certains projets du restaurateur, notamment des travaux dans son établissement : "La situation n'empêche pas que la restauration, cela empêche aussi le travail d'artisans locaux ou de petits commerçants", indique le patron de la Table d'Angèle.

Il souligne par ailleurs que ses clients font part de leur envie de voir les restaurants rouverts : "C'est une institution pour les gens, de passer au restaurant voir les copains, boire un café ou une petite bière, manger un plat du jour. On sent que les gens ont hâte de revenir nous voir", précise Sébastien Vadé.

Sur le plan sanitaire, le restaurateur estime être "prêt à rouvrir" dès que ce sera possible : "On attendra moins de clients au début, on gardera nos distances. On a très hâte de reprendre le boulot". Sébastien Vadé explique que la crise sanitaire aura en tout cas bouleversé ses habitudes comme professionnel : "Les gens ne viennent plus au comptoir, ils sont assis, on revoit un petit peu tous nos gestes, on met du gel à disposition sur les tables : il y a une remise en cause permanente", conclut-il.

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