Réouverture des commerces, aide aux travailleurs précaires… Ce qu'il faut retenir des annonces de Jean Castex sur l'allègement du confinement

Le chef du gouvernement, accompagné de plusieurs ministres, a tenu une conférence de presse jeudi matin, pour préciser les annonces d’Emmanuel Macron. 

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Le Premier ministre Jean Castex à Paris, le 26 novembre 2020.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le Premier ministre Jean Castex a détaillé, jeudi 26 novembre, les mesures d'allègement du confinement exposées par Emmanuel Macron. "Nous avons pris des "mesures difficiles mais moins fortes" que lors du premier confinement, a-t-il annoncé, faisant, en préambule, un état des lieux encourageant de la situation épidémique en France. "La pression épidémique reste forte mais elle se réduit, plus encore en France que dans les autres pays européens", a affirmé Jean Castex, entouré de quatre membres du gouvernement, Olivier Véran (Santé), Alain Griset (PME), Roselyne Bachelot (Culture) et Elisabeth Borne (Travail).

Protocole de réouverture des commerces et des lieux de culte, réouverture des auto-écoles, aides aux jeunes : voici ce qu'il faut retenir des précisions du gouvernement.

Les commerces pourront ouvrir jusqu'à 21 heures

"L'ensemble des commerces qui étaient jusque-là fermés, quelle que soit leur taille, pourront rouvrir samedi 28 novembre", a annoncé Jean Castex. Les rayons qui avaient été fermés dans les grandes surfaces pourront également rouvrir. 

Alain Griset, ministre des PME, a indiqué que les commerces pourront "étendre leurs horaires d'ouverture jusqu'à 21 heures" et que des "dérogations d'ouverture" les dimanches seront également "facilitées"

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Le ministre a détaillé le nouveau protocole sanitaire mis en place dans le cadre de ces réouvertures. "Premièrement, la jauge est portée à 8 mètres carrés par client. Ce qui est important, c'est que cette règle est simple : elle s'applique à la surface de vente totale. Le mobilier, les étals, les rayonnages n'entrent plus dans le calcul. Les salariés des commerces ne sont pas comptabilisés", a-t-il expliqué. Par ailleurs, "les commerces de plus de 400 mètres carrés devront prévoir une personne ou un système de comptage pour garantir le respect de la jauge à l'intérieur du magasin"

Les auto-écoles et visites immobilières pourront reprendre dès samedi 

"Les auto-écoles pourront reprendre leurs activités de préparation aux épreuves pratiques du permis conduire dans le respect du protocole sanitaire qu'elles appliquaient précédemment", a annoncé Jean Castex en précisant que "la préparation des épreuves théoriques continuera de se faire à distance".

Les visites de logements seront autorisées "pour les professionnels comme les particuliers, là encore dans le respect du protocole sanitaire applicable", a ajouté le chef du gouvernement. 

Les lieux de culte vont rouvrir progressivement

La réouverture des lieux de culte "ne peut être que progressive", a prévenu Jean Castex, car "ils ont été des lieux de contamination". Ils accueilleront d'abord 30 personnes, puis cette jauge évoluera progressivement en fonction de la situation sanitaire et de l'échéance du 15 décembre. "Il pourra s'agir d'une jauge en fonction de la capacité globale d'accueil du lieu", a précisé le Premier ministre. 

Les sports individuels en plein air vont reprendre dès samedi 

Les sports individuels en plein air comme le golf, le tennis, l’athlétisme ainsi que les sports nautiques peuvent reprendre dès ce samedi. "Vous pourrez courir dans l’espace public ou pratiquer votre sport individuel dans un stade ou un terrain de sport découvert", a annoncé Jean Castex. Cet allègement des contraintes sera tout de même soumis à la limite de 3 heures d’activité sportive, et dans un rayon de 20 kilomètres autour du domicile. 

Pour les mineurs, les activités extrascolaires, en intérieur comme en extérieur, vont pouvoir redémarrer le 15 décembre. Les clubs de sport pourront ainsi accueillir à nouveau les enfants, une marque de "reconnaissance pour le rôle central joué par les associations", selon le Premier ministre. Pour les adultes, la pratique sportive dans des lieux clos et les sports "collectifs ou de contact" en extérieur restent interdits jusqu'au 20 janvier, car ils présentent "un risque sanitaire avéré", selon Jean Castex.

Il y aura une "tolérance" pour rentrer du cinéma et du théâtre après 21 heures 

A partir du 15 décembre, les musées, salles de spectacle et de cinéma pourront rouvrir avec "certaines précautions", a précisé le chef du gouvernement. Devront s'appliquer dans les salles de spectacle et les cinémas les mêmes protocoles que ceux applicables pendant la période de couvre-feu qui a précédé le confinement.

Le couvre-feu sera maintenu à 21 heures mais "une tolérance sera permise pour que les spectateurs des séances se terminant à 21 heures puissent rentrer tranquillement chez eux", a indiqué la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot.

Les conservatoires et écoles de musique rouvriront le 15 décembre, mais pas les classes de chant 

Les conservatoires et les écoles de musique pourront à nouveau proposer des cours dès le 15 décembre, hormis pour le chant, a annoncé Roselyne Bachelot, car c'est "trop risqué" au vu de la propagation du virus. 

Les stations de ski seront ouvertes, mais pas les remontées ni les équipements collectifs

"S'agissant des stations de sports d'hiver, nous avons estimé que la circulation épidémique, mais aussi la situation des taux dans les régions concernées, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, ne nous permettent pas d'envisager une ouverture pour la période de Noël", a annoncé Jean Castex. Le Premier ministre a précisé qu'il "sera possible de se rendre dans ces stations pour profiter de l'air pur de nos belles montagnes" mais que "toutes les remontées mécaniques et les équipements collectifs seront fermés au public".

L'Etat promet de créer 20 000 jobs étudiants pour aider les jeunes décrocheurs 

Jean Castex a annoncé la création de 20 000 jobs étudiants "dont la mission sera de venir en soutien des étudiants décrocheurs, notamment au cours des premières années". Ces contrats seront passés par le Crous pour une durée de quatre mois, à raison de dix heures par semaine. "Ces aides aideront ainsi 45 000 jeunes supplémentaires à se loger et à se nourrir. Elles représenteront un coût de 56 millions d'euros".

De plus, le nombre de bénéficiaires de la garantie jeunes va doubler par rapport à ce qui était prévu en 2020. "Ce ne sont pas 100 000, mais au moins 200 000 jeunes qui pourront en bénéficier", a indiqué Jean Castex. 

La garantie jeunes propose une allocation mensuelle (d'un montant maximal de 484 euros) et un accompagnement renforcé en mission locale pendant un an aux jeunes de 16 à 25 ans qui ne sont "ni en emploi ni en études ni en formation" et qui sont "en situation de précarité financière"

Notant que "la crise économique pénalise l'insertion des jeunes sur le marché du travail", Jean Castex a indiqué que le gouvernement allait "aussi aider les jeunes diplômés qui ont fini leurs études et ont de vraies difficultés, compte tenu de la crise, à trouver leur premier emploi". Cette aide prendra la forme d'un "dispositif spécifique" avec à la fois un accompagnement par Pôle emploi ou l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) et le "bénéfice d'une allocation financière", a-t-il détaillé.

Une "garantie de ressources" de 900 euros par mois pour près de 400 000 précaires

Jean Castex a annoncé une aide pour les travailleurs précaires, saisonniers, intermittents ou extras, qui "travaillaient beaucoup" l'an dernier, avec une "garantie de ressources de 900 euros par mois" jusqu'en février 2021.

"Il s'agit d'une réponse exceptionnelle pour les 400 000 extras de la restauration, ceux qu'on appelle les 'permittents' de l'événementiel ou d'autres secteurs, inscrits à Pôle emploi et qui ont vu cette année leurs revenus baisser drastiquement", a déclaré le Premier ministre.

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a précisé dans la foulée que l'aide concernera "ceux qui ont travaillé plus de 60% du temps en 2019" et "qui n'ont pas pu travailler suffisamment en 2020 pour recharger leurs droits" au chômage du fait de la crise.

Elle a cité certains travailleurs "particulièrement affectés par la crise" comme les saisonniers, ou "certains Français qui, avant la crise, travaillaient beaucoup en enchaînant contrats courts et périodes de chômage" comme les extras de la restauration, de l'événementiel et certains intérimaires.

La garantie de revenu minimum de 900 euros par mois s'appliquera sur les mois de novembre, décembre, janvier et février et bénéficiera "à près de 400 000 travailleurs précaires dont 70 000 jeunes", a détaillé la ministre, qui avait annoncé le principe de cette aide dans Les Echos, sans en dévoiler le montant.

Une aide aux entreprises de certains secteurs pénalisés par la crise

Une aide "de 15% à 20%" du chiffre d'affaires sera accordée à partir de décembre aux entreprises des secteurs affectés par la crise comme l'hôtellerie, le tourisme ou l'événementiel, et dont le chiffre d'affaires a chuté "au moins de moitié", a également annoncé le Premier ministre. Il a rappelé le nouveau mode de calcul du Fonds de solidarité pour les entreprises qui resteront fermées en décembre, sur la base de 20% du chiffre d'affaires réalisé pendant la même période de 2019, lorsqu'il est plus favorable que l'aide de 10 000 euros. Le ministère de l'Economie a précisé que l'aide aux secteurs pénalisés mais dont les entreprises restent ouvertes pourra être de 10 000 euros, ou, si c'est plus favorable, de 15% du chiffre d'affaires si celui-ci baisse de moitié ou de 20% s'il baisse d'au moins 70%.

Jean Castex a ajouté que les discothèques seraient prises en charge par le nouveau dispositif. "Elles demeurent fermées depuis un temps certain, je pense que tout le monde en comprend les raisons. Hélas, l'heure n'est pas à la réouverture des discothèques. Elles seront pleinement bénéficiaires du fonds de solidarité rénové, on ne peut pas les laisser tomber", a-t-il déclaré.

Les fournisseurs du secteur du tourisme comme les blanchisseries ou le commerce de gros continueront en décembre à bénéficier d'une aide plafonnée à 10 000 euros si leur chiffre d'affaires est divisé par deux, dans la limite de 80% de leur perte, a détaillé le ministère de l'Economie.

Pour les entreprises des autres secteurs, le fonds de solidarité restera en place en décembre mais plafonné à 1 500 euros, là aussi si le chiffre d'affaires diminue de moitié. "L'ensemble de ces dispositifs de soutien représente un coût mensuel de 3,5 milliards d'euros" pour décembre, selon Bercy.

Il faudra limiter le nombre de convives à Noël et au Nouvel An

Il sera "impératif" de "limiter" le nombre de convives pour célébrer les fêtes de Noël et du Nouvel An, a averti le Premier ministre. Le couvre-feu, qui sera mis en place le 15 décembre, sera "levé à titre dérogatoire les 24 et 31 décembre" mais "cela ne veut pas dire que nous pourrons fêter Noël ou le Nouvel An comme les années précédentes" car "ces moments de rassemblements festifs et amicaux, où l'on baisse la garde et porte moins le masque, sont particulièrement risqués", a ajouté Jean Castex, en précisant que "des recommandations concrètes" seront annoncées avant les vacances. Cependant, pour le chef du gouvernement, il "n'est pas question" que ces fêtes familiales se privent de la présence des aînés, notamment "des grands-parents".

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