Covid-19 : dans Pas-de-Calais et le Nord, "tout le littoral est en difficulté", s'alarme le chef des urgences du CHU de Lille

Patrick Goldstein indique que des transferts de patients de Dunkerque vers la Normandie sont envisagés. Il va dans le sens d'un confinement du Pas-de-Calais le week-end mais s'étonne qu'une telle mesure soit écartée pour l'Ile-de-France.

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Illustration de la prise en charge d'un patient atteint du Covid-19 dans un service de réanimation. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Alors que selon les informations de franceinfo, le gouvernement souhaite confiner le Pas-de-Calais les prochains week-endsPatrick Goldstein, chef du pôle Urgences et du Samu au CHRU de Lille fait état d'un emballement de l'épidémie de Covid-19 dans toute la region Hauts-de-France. "Plus de 90 patients ont été transférés de l'hôpital de Dunkerque depuis le début du mois de février. C'est énormeIl y a une tension transférée de Dunkerque vers les autres établissements de la métropole du Nord et du Pas-de-Calais. C'est tout le littoral qui est aujourd'hui en difficulté", s'alarme le médecin, qui indique aussi que des transferts sont envisagés vers la Normandie.

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Patrick Goldstein soutient l'idée d'un confinement partiel dans le Pas-de-Calais, mais il dit avoir "un peu de mal à comprendre" que Paris et les sept départements franciliens ne soient pas soumis aux mêmes restrcitions, étant donné leur taux d'incidence également élevé en région parisienne. Le chef du pôle Urgences et du Samu au CHRU de Lille rejette l'argument de la densité de population : "Je ne suis pas sûr qu'il y ait moins de population sur les quais de Seine que sur le bord de mer du Nord le week-end". Les premiers effets de ces confinements partiels sont attendus sous deux à trois semaines, rappelle Patrick Goldstein.

Des patients moins âgées et une mortalité en baisse

Par rapport à mars 2020, le médecin note des différences sur les patients qu'il prend en charge : "Les patients de Dunkerque qui sont hospitalisés, qui sont en réanimation, sont globalement plus jeunes que ceux qu'on a eu en mars 2020 ou même au mois d'octobre. Si on considère la métropole lilloise, les patients sont pratiquement les mêmes, sauf que l'on a probablement moins de personnes très âgées. Et ça, c'est bon signe, se réjouit le médecin. Cela veut dire que la vaccination ou la protection des anciens fonctionnent. Nous avons aussi une durée moyenne de séjour en réanimation qui diminue. Ça aussi, c'est un bon signe qu'on a appris à connaître cette maladie, qu'on la soigne mieux. Et la mortalité diminue".

Néanmoins, insiste le chef des urgences du CHU de Lille, "cette maladie, on la connaît mal. On commence à comprendre ce qu'on appelle le syndrôme post-Covid, c'est-à-dire que des gens peuvent déclencher des pathologies à moyen terme, après être sortis de réanimation ou même parfois même sans jamais y être rentrés. Donc la meilleure des choses, c'est de se protéger et de pas attraper du tout le Covid-19", conclut Patrick Goldstein.

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