Covid-19 : à Dunkerque, le taux d'incidence dépasse les 900 cas, le maire demande un entretien urgent avec le Premier ministre

La situation sanitaire se dégrade fortement à Dunkerque où le taux d'incidence atteint quatre fois la moyenne nationale, relate France Bleu Nord.

Article rédigé par
avec France Bleu Nord - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Un passant devant la façade de l'hôpital de Dunkerque où une banderole indique "hôpital en alerte", le 17 février 2021. (DENIS CHARLET / AFP)

Dans la communauté urbaine de Dunkerque (Nord), le taux d'incidence dépasse les 900 cas pour 100 000 habitants, soit plus de quatre fois la moyenne nationale (193 au 18 février), a appris France Bleu Nord auprès de l'Agence régionale de santé.

Ce taux est même supérieur à celui du secteur de Nice (Alpes-Maritimes), qui est de 751 cas pour 100 000 habitants, trois fois la moyenne nationale. Le département sera soumis à un confinement local les deux prochains week-end, en raison de la situation sanitaire. Dans le Dunkerquois, le taux d'incidence était déjà élevé ces derniers jours : 713 cas pour 100 000 habitants vendredi 12 février, 658 le lundi 15 février.

Des patients plus jeunes

"Dunkerque est en grande difficulté aujourd'hui, a averti sur franceinfo Patrick Goldstein, le chef du pôle Urgences et du SAMU au CHRU de Lille. Le taux d'incidence sur les patients de plus de 65 ans est aux alentours de 250, c'est largement au-dessus des seuils d'alerte. Il y a aussi un nombre de patients plus jeunes que lors des premiers épisodes de la deuxième vague, puisque les patients ont en moyenne sept ans de moins que ceux du mois de novembre", s'inquiète le médecin, qui évoque "une véritable tension sur l'hôpital de Dunkerque".

Patrick Goldstein évoque aussi la difficulté voire l'impossibilité de trouver des places pour des patients à hospitaliser : "On cherchait des places pour des patients qui avaient 48, 50, 52 ans, on n'en trouvait pas dans le Nord et dans le Pas-de-Calais. 

Ce qui nous inquiète, c'est que les patients sont plus jeunes et n'ont pas obligatoirement beaucoup plus de facteurs de comorbidité

Patrick Goldstein

à franceinfo

"On a une proportion de 55/65 ans qui est vraiment importante", détaille Patrick Goldstein. Le médecin s'interroge sur le fait que les patients grands seniors ont été les plus atteints, mais sont désormais peut-être "mieux protégés" du fait de leur vaccination.

Le variant anglais dans 70 % des cas

Ce qui inquiète dans les alentours de Dunkerque, c'est la très grande présence du variant anglais : dans la semaine du 15 au 21 février, 70 % des prélèvements au centre hospitalier de Dunkerque pour la Covid-19 ont été détectés positifs au variant anglais rapporte France Bleu Nord. C'est 20 % de plus que la semaine précédente. 

"Le variant touche un nombre majeur de sujets jeunes et on ne peut de toute manière pas laisser cette situation se pérenniser en l'état, alerte Patrick Goldstein. Aujourd'hui, il faut casser le chaîne de contamination. Il y a peut-être des mesures importantes à prendre", avance le médecin, sans pour autant se prononcer sur des mesures supplémentaires à installer.

Des mesures étudiées en urgence 

Face à cette situation sanitaire, le maire DVG de la ville, Patrice Vergriete, demande dans un communiqué "un entretien avec le Premier ministre pour examiner en urgence la situation".

"Dunkerque mérite aujourd’hui toute l’attention de l’Etat, au même titre que l’agglomération de Nice et les Alpes maritimes. Nous, élus du Dunkerquois, sommes prêts à prendre toute notre part pour faire face à cette troisième vague épidémique, comme nous l’avons fait depuis le mois de mars dernier, en lien avec la Préfecture du Nord", explique-t-il.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.