Covid-19 : ce que l'on sait de la situation à Dunkerque, où la circulation du virus et du variant identifié en Angleterre s'accélère

Face à la hausse des contaminations dans la ville et à la forte présence du variant B.1.1.7, "une campagne exceptionnelle de dépistage" aura lieu la semaine prochaine, ont promis les autorités sanitaires.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Une soignante dans une chambre du centre hospitalier de Dunkerque (Nord), le 3 septembre 2020. (MAXPPP)

Alerte à Dunkerque. La sous-préfecture du département du Nord, ainsi que la commune de Gravelines, à une vingtaine de kilomètres, font face à une accélération "préoccupante" de l'épidémie de Covid-19, selon le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, mercredi 10 février. La municipalité et le centre hospitalier ont mis en garde la population sur la circulation très active du variant apparu en Angleterre (B.1.1.7) dans la région. Une vaste campagne de dépistage doit être organisée la semaine prochaine. Franceinfo fait le point sur cette situation inquiétante.

Des indicateurs dans le rouge

"Malgré nos efforts collectifs, la situation actuelle de notre agglomération est préoccupante, le virus circule très rapidement", affirme le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook et tournée depuis le centre hospitalier de la ville. "Le Dunkerquois et le Gravelinois connaissent depuis plusieurs semaines une accélération préoccupante de la circulation de la Covid-19. Ainsi, les taux d'incidence sur la communauté urbaine de Dunkerque et la communauté de communes des Hauts-de-Flandre (…) atteignent respectivement 485 et 424 cas pour 100 000 habitants (contre 208 au niveau national)", indiquait mercredi soir l'Agence régionale de santé (ARS) dans un communiqué.

La situation dans les hôpitaux est critique, selon l'élu. "L'accueil, ici même à l'hôpital, atteint la cote d'alerte, assure-t-il dans la vidéo. Aujourd'hui, 55 patients sont en effet hospitalisés pour Covid, neuf sont en réanimation, dans un service qui se trouve aujourd'hui saturé, ce qui a nécessité le week-end dernier le transfert de dix patients vers d'autres hôpitaux de la région."

"Ces transferts sont nécessaires afin de disposer de lits de réanimation et de médecine pour favoriser la prise en charge des patients nécessitant des soins immédiats. Nous travaillons pour cela en étroite collaboration avec la polyclinique de Grande-Synthe (PGS), la clinique de Flandre ainsi que l'hôpital maritime de Zuydcoote et plus largement les établissements de santé du littoral nord et les services de réanimation de la région", affirme à La Voix du Nord la direction du centre hospitalier de Dunkerque. Pour éviter une plus forte tension dans les hôpitaux, Patrice Vergriete a appelé ses concitoyens à viter tous les regroupements, quelle que soit leur forme".  

Une forte présence du variant B.1.1.7

Dans La Voix du Nord, le maire confie ignorer d'où peut provenir cette augmentation soudaine des cas, "alors que nos chiffres étaient globalement bons ces dernières semaines". "Aucun facteur ne permet de l'expliquer", ajoute-t-il. Mais dans sa vidéo publiée sur les réseaux sociaux, il affirme que "le taux de pénétration des variants anglais est trois fois supérieur à la moyenne régionale et six fois supérieur à la moyenne nationale, avec un niveau de 485 contre 208 dans le Nord, notre taux d'incidence est le plus élevé du département". Or, ce variant pourrait avoir une contagiosité 50% à 70% plus élevée que celle de la souche originelle, selon les évaluations de plusieurs études scientifiques.

Depuis la mi-janvier, les autorités sanitaires procèdent "à une recherche systématique des variants" sur les tests positifs. Selon des analyses effectuées lundi et mardi par un laboratoire privé, sur 1 367 tests réalisés dans le Dunkerquois, 172 étaient positifs, dont 117 révélant la présence du variant B.1.1.7. Dans le Gravelinois, sur 305 tests PCR réalisés, 32 étaient positifs, dont 17 à ce variant. D'après le centre hospitalier de Dunkerque, au cours de la semaine du 1er au 7 février, 33% des prélèvements pour le Covid-19 ont été détectés positifs au variant B.1.1.7, "soit une augmentation de 10% par rapport à la semaine du 25 au 31 janvier", précise La Voix du Nord.

Plusieurs foyers de contagion identifiés

La ville est surveillée comme le lait sur le feu. Selon un journaliste de La Voix du Nord, "plusieurs clusters" ont été détectés, au tribunal, dans des écoles et au commissariat. 

Dans le commissariat, ce foyer s'est déclaré en fin de semaine dernière. On comptait mardi "19 cas positifs, dont au moins un cas confirmé du variant britannique", assure La Voix du Nord. "Tous les collègues sont invités à se faire tester massivement à Grande-Synthe, précise au quotidien régional Ludovic Riquier, représentant local du syndicat Alliance. Si l'on prend en compte les cas contacts, cela fait une trentaine de policiers qui doivent rester chez eux."

Au niveau scolaire, on comptait 53 classes fermées vendredi 5 février parmi les établissements du Nord et du Pas-de-Calais. Mercredi, France 3 Hauts-de-France en dénombrait 175, soit plus du triple. Sur les six établissements fermés dans l'académie, cinq se trouvent dans le département du Nord, rapporte le site d'information régionale, dont une école primaire située à Dunkerque. 

Une campagne massive de dépistage prévue

Face à cette situation, "une campagne exceptionnelle de dépistage est en cours d'organisation par l'ARS et ses partenaires dans plusieurs communes du secteur. Elle sera proposée à la population dans le courant de la semaine prochaine", indique le communiqué de l'ARS. Les autorités sanitaires entendent aussi déployer sur ce territoire "le nouveau dispositif des médiateurs de 'lutte anti-Covid', qui permet en un même lieu et au même moment de réaliser des tests, effectuer le contact-tracing et délivrer des messages de prévention".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.